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PÉTANQUE Nadège Baussian-Protat « Être championne de France, c’est un immense bonheur »

La pétanque est forcément le sport de l’été, du soleil et de tout ce qui va avec. Mais pas seulement. Très pratiqué en France, le niveau de jeu est particulièrement bon dans l’hexagone, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes. Nadège Baussian-Protat en est le parfait exemple. Entretien avec une multiple championne de France de pétanque qui n’a pas fini de remporter des trophées.

 

Nadège Baussian-Protat débute la pétanque à l’âge de 12 ans : « Mon frère cherchait quelqu’un avec qui jouer, il m’a donc initiée ». Comme grand nombre de personnes, Nadège découvre la pétanque grâce à sa famille. Aimant vraiment ce sport, elle décide de s’inscrire en club un an plus tard. Elle n’a, depuis, plus jamais lâché la pétanque.

Dans quel club pratiquez-vous la pétanque aujourd’hui ?

Je suis licenciée au club de Gourdon pétanque dans le Lot depuis 2013. Habitant à Auxerre je m’entraine le plus souvent chez moi avec mon mari. Le niveau de pétanque de la région d’Occitanie est bon.

Qu’aimez-vous dans la pétanque ?

J’aime la compétition, toutes les sensations que procure ce sport allant de la grande frustration à la joie immense. J’aime également l’aspect convivial, partager des moments entre amis.

 

Le palmarès entier de Nadège serait trop long à citer. Pour résumer, en catégorie jeune, c’est 23 titres départementaux. En catégorie adulte, c’est 18 titres départementaux dont 4 fois meilleure joueuse, 7 titres régionaux, 3 titres nationaux et enfin médaille d’argent aux Mondiaux 2009 et championne d’Europe Espoir 2008. Son titre le plus récent et l’un des plus beaux : championne de France en tête à tête en 2019.

 

Vous êtes championne de France en tête à tête après votre victoire en 2019. Comment s’est passé ce championnat pour vous ?

Les poules ont été difficiles pour moi. Je suis passée par les barrages en produisant un jeu moyen sur des terrains trop sableux qui ne me convenaient pas énormément. J’ai tout de même pu sortir de poules et là, changement de terrains, beaucoup plus techniques qui me convenaient beaucoup mieux. J’ai eu l’impression qu’un autre championnat avait débuté. J’ai produit un bon niveau de jeu à partir de la 1ère partie après poules et je me suis qualifiée pour les quarts de finale le dimanche matin sans difficultés majeures (3 parties après poules pour arriver jusqu’en quart).

Le lendemain matin, partie très accrochée contre Céline Lebossé, nous nous sommes chevauchées au niveau du score quasiment toute la partie. À 9 à 12 pour elle, elle tire à la gagne et manque : du coup 10 à 12. La dernière mène je m’en souviendrai toute ma vie : à 7 mètres, je pointe une boule à 30 ou 40 cm. Elle pointe et le gagne. Il ne faut pas que je manque car elle a 12. Je fais un carreau. Elle décide de tirer pour casser la gagne comme j’ai 10. Elle manque, retire. Elle réussit mais ma boule reste bonne en fond de cadre. À 11 mètres, si je fais un carreau, je gagne. Et je le fais. Toutes les personnes dans les tribunes se sont levées pour m’applaudir. C’est un moment inoubliable, c’était magique.

Ensuite, reprise 14h pour la demi-finale qui s’est déroulée sans encombre avec un bon niveau de jeu et la victoire au bout. La finale a, quant à elle, été à rebondissement. Je ne suis pas rentrée tout de suite dans la partie. J’étais menée 1 à 10 contre Valérie Labrousse. A partir de là je n’ai plus perdu aucune boule je pense que j’en ai joué 15/15. Je suis remontée et j’ai gagné 13 à 10.

A ce moment-là, ce que j’ai pu ressentir est indescriptible. Je suis heureuse d’avoir pu partager ce moment avec mon mari, qui m’a soutenu tout au long de ce week-end. Je pense que sans lui je n’aurai pas gagné. J’étais comme sur un nuage, ça paraissait irréel. C’est un immense bonheur d’être championne de France et en tête à tête, c’est encore différent car j’ai été seule tout le week-end. Ce titre m’a fait reprendre confiance en moi-même. Dans les moments de doute, je repense à ce week-end pour retrouver la confiance.

Nadège Baussian-Protat, Crédit-photo: Nadège Baussian-Protat

 

C’est le plus beau souvenir de votre carrière ?

Pour moi il n’y en a pas qu’un mais trois souvenirs marquants. Mes trois titres de championne de France. Pour moi ils sont tous les trois uniques et magiques car en 2010 c’était en triplette et dans ma ville natale à Cahors. En 2018 en doublette avec ma partenaire et amie Anna Maillard et bien-sûr en 2019 en tête à tête.

 

Quels sont les avantages et inconvénients entre jouer en équipe et seule ?

J’aime aussi bien la doublette que la triplette. Nous n’avons pas souvent l’occasion de jouer en tête à tête car hormis les championnats, il y a très peu de concours en tête en tête. Nous avons donc beaucoup plus l’habitude de jouer en équipe. Pour moi les avantages en équipe, c’est que nous ne sommes pas seules et pouvons partager, discuter avec nos partenaires sur la stratégie, les moments de doutes, etc. Le tête-à-tête est difficile car effectivement nous ne pouvons échanger avec personne et ne pouvons compter que sur nous-même, mais cela peut être un avantage sur un week-end où on est en forme par exemple.

 

Vous êtes rentrée dans le cercle très fermé des joueuses ayant réussi le triplé championne de France individuel-doublette-triplette. Vous êtes maintenant deux avec Nelly Peyré.

J’ai toujours du mal à y croire, cela me procure une immense joie et me donne l’envie de gagner d’autres championnats de France.

 

Quel est votre quotidien de championne de pétanque ? Réussissez-vous à allier votre métier avec la pétanque ?

Je pense avoir la chance de ne pas avoir besoin d’énormément d’entrainement pour arriver à bien jouer. Avant le Covid, mes entrainements étaient essentiellement les concours départementaux le week-end. J’ai malheureusement peu le temps pour m’entrainer la semaine travaillant à l’hôpital et ayant une petite fille de 5 ans.

J’ai un terrain de pétanque chez moi et lorsqu’une compétition approche j’essaie de m’entrainer au tir sur deux sessions d’une heure environ dans la semaine précédente.

 

Quelles sont vos prochaines échéances ?

Le 26 et 27 juin, nous allons disputer le championnat du Lot en triplette avec Anna Maillard et Laeticia Bousquet. Par la suite, je dois aller faire l’international de Palavas-les-Flots à la fin du mois de juillet puis le national de Mulhouse en août. A cause du Covid, beaucoup de nationaux ont été annulés.

 

Nadège Baussian-Protat ira disputer ces championnats avec détermination afin de ramener d’autres coupes à la maison. Son objectif qui la suit depuis toujours : « prendre du plaisir et faire des résultats », fonctionnera-t-il pour la suite de sa carrière ? En tout cas, on le lui souhaite.

 

Image à la une: Nadège Baussian-Protat, Crédit-photo: Nadège Baussian-Protat

 

Lucas Jariais.

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