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BASKET-BALL : L’épineux problème des salaires dans le basket féminin

Alors que la popularité du basket ne cesse de croitre dans l’hexagone, aussi bien chez les hommes que chez les femmes (on compte + de 26 000 nouvelles licenciées en 2021), les mêmes inégalités subsistent. Notamment en ce qui concerne les salaires. Comment peut-on l’expliquer ?

En effet, alors que le salaire moyen d’un joueur de Betclic Elite s’élève autour des 10 000 euros, chez les femmes, la donne est différente puisque le salaire moyen n’est « que » de 4445 euros. Malgré une légère hausse ces dernières saisons (le salaire moyen en LFB était de 3600 euros en 2016), la différence reste plus que conséquente.

Problème de diffuseur ?

C’est ce que l’on pourrait penser… En effet, les droits TV représentent une part importante des revenus d’un championnat. Enfin en général…

Car malgré un partenariat avec la chaine L’équipe, le basket français est bien à la traine comparé aux autres sports majeurs comme le football, le Rugby ou le Handball… (d’autant plus que ce partenariat n’aura duré qu’une seule saison, la chaine ne diffusant aujourd’hui plus que les matchs d’Euroligue). De plus, basketteurs et basketteuses ont les mêmes diffuseurs.

Si la ligue de basket a lancé LNB TV la saison dernière, afin de diffuser les matchs de Betclic Elite et de Pro B, la LFB a répliqué en diffusant ses matchs en direct sur la chaine YouTube de la FFBB.  Des initiatives, certes très louables, mais qui ne rapportent pas un sou aux caisses des club, puisque la plateforme de diffusion LNB TV (pour les hommes) et les Lives YouTube (pour les femmes) sont des services totalement gratuits.

En outre, notons que la chaine BeIn Sports France a récemment trouver un accord avec la LNB pour diffuser certains matchs de Betclic Elite… Une avancée mineure et surtout qui semble laisser de côté le basket féminin.

Le basket féminin intéresse moins ?

Le problème est autre part. Les droits TV ne sont pas la cause principale de ces variations salariales, ils sont quelque part la conséquence de quelque chose d’autre : le manque d’intérêt. Oui, dit comme ça, cet argument paraît légèrement misogyne. Et pourtant, si l’on se penche sur la question, le basket féminin attire moins, c’est flagrant.

Déjà, ne serait-ce qu’au niveau des affluences, la différence saute aux yeux : Alors que les clubs de LFB peinent à attirer plus de 1700 personnes/match, l’affluence moyenne des salles de Betclic Elite plafonne à plus de 3500 personnes depuis plusieurs saisons maintenant.

De ce que l’on observe, c’est comme si le basket féminin était pris dans un engrenage. Comme un cercle vicieux. Les médias sportifs portent peu d’intérêt au championnat féminin (les seules fois où l’on en entend parler c’est lorsqu’une équipe est sacrée championne de France ou réalise un gros parcours en Europe). De facto cela crée de la désinformation, et de désinformation à désintérêt (du public), il n’y a qu’un pas. Cela engendre donc moins de ventes de billets, des droits TV moindres etc… Et malheureusement, la France n’est pas seule dans ce cas de figure

La France n’est pas le plus mauvais élève en la matière

Un autre exemple tout aussi parlant que la France sont les Etats-Unis. Au pays de l’oncle Sam, Basketteurs et Basketteuses n’ont clairement pas le même train de vie, alors même qu’ils pratiquent le même sport…

Alors que le salaire moyen d’un joueur NBA tourne autour des 15 millions de dollars/an, une joueuse WNBA touche quant à elle SEULEMENT 130 000 $/an !!! Accrochez-vous cela fait 115 fois moins ! Et ce chiffre vient seulement d’augmenter car les instances WNBA ont négocié un nouveau contrat TV avec Amazon prime vidéo, de nouveaux revenus qui ont permis de revoir à la hausse les salaires des joueuses. Car contrairement en France, les joueuses américaines ne manquent pas de sponsors ou de diffuseurs : ESPN, ESPN 2, ABC, CBS, CBS Sports, NBA TV et donc Amazon Prime vidéo. Mais alors pourquoi, pourquoi une telle différence de salaires alors que la WNBA semble être une ligue bien plus visible que son équivalent français ?

Tout simplement car les revenus générés par la NBA sont pharaoniques. Des droits TV évalués à plusieurs milliards de $ (24 mds sur 9 ans, soit 2,7 milliards/an), un salary cap réévalué à 112 millions par équipe (contre 109 avant cette saison). Un capital que la WNBA ne peut absolument pas concurrencer. Cumuler cela aux revenus générés par les différentes publicités, ventes de goodies, de maillots ou encore la billetterie où là aussi, la NBA domine largement son homologue féminin, et voilà comment un tel fossé monétaire entre les 2 ligues existe.

Toutefois, il faut l’avouer, la WNBA a fait de gros progrès ces dernières saisons. Entre la diversification de leur shop, l’apparition des équipes WNBA sur le jeu NBA 2k ou la modernisation de leur plateforme de streaming (leaguepass.wnba.com) dont les prix sont plus attractifs que ceux du NBA League Pass, la ligue tente tant bien que mal de rattraper son retard sur le mastodonte NBA, et c’est tout à son honneur !

Néanmoins le chemin sera encore long, très long. Le jour où les ligues féminines et masculines pourront jouir de la même notoriété (et donc d’un salaire équivalent) semble bien loin malheureusement …

Alvin Tourdes

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Image à la Une : Photo d’Illustration, Crédit-Photo :IMG_1979/pexels

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