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WATER-POLO Louise Guillet : « Je veux ramener une médaille des Jeux Olympiques 2024 »

Louise Guillet, joueuse de l’Équipe de France de water-polo depuis presque 20 ans, est reconnue en France, mais pas seulement. Récit d’une carrière remplie d’expérience, d’ambition, de changements et de titres.

 

« Le water-polo, c’est du handball dans l’eau »

« Il faut avoir une bonne vision de jeu, aimer le combat dans l’eau et savoir nager bien-sûr ! » ; voici les qualités principales à avoir pour pouvoir pratiquer le water-polo, selon Louise. Durant quatre périodes de huit minutes, 7 joueuses de chaque côté s’affrontent. Avec six joueuses de champ, la formation s’organise de manière similaire au handball : un pivot entouré de ses cinq coéquipières. Avec un bassin qui a pour moyenne deux mètres de profondeur, presque aucune joueuse n’a pied, « ce qui rend ce sport d’autant plus physique » d’après Louise.

C’est à l’âge de 11 ans, à l’Union Saint Bruno Bordeaux qu’elle débute ce sport. Découvert par hasard, Louise Guillet accroche tout de suite : « j’aime le water-polo notamment par l’ambiance qu’il y a dans une équipe, par le fait qu’il faut toujours se surpasser et relever des challenges ». Elle y découvre et apprend ce sport à Bordeaux jusqu’à ses 17 ans.

 

Un parcours à l’étranger enrichissant

Grâce à une impressionnante progression durant ces années, Louise commence à avoir de nombreuses offres en France, mais pas seulement. Arrivée à la fin d’un cycle avec l’Union Saint Bruno, elle décide de partir en Espagne, au club fortement réputé de Natacio Sabadell. En trois années, la française remporte deux championnats d’Espagne, une coupe d’Espagne et participe à deux championnats d’Europe. En plus de ces titres collectifs, meilleure joueuse et meilleure buteuse d’Espagne sont également inscrits dans son palmarès. Après ces trois belles années espagnoles, elle souhaite se lancer un nouveau défi et décolle direction la Grèce : « À l’époque, le championnat grec était encore plus fort qu’en Espagne ». Comme en Espagne, Louise reste trois années en Grèce avant de continuer son tour d’Europe. La dernière destination sera l’Italie, pour une année. Meilleur championnat au monde à l’époque selon elle, la poloïste nous décrit cette expérience italienne comme « magnifique à vivre ».

Au niveau du water-polo, ces sept années à l’étranger ont fait grandir la française : « Cette expérience m’a permis d’arriver au niveau actuel. Si j’étais restée en France, je n’aurais pas eu ce niveau et cette longévité que j’ai eu durant ma carrière. » Durant ce périple, Louise a dû s’adapter aux styles de water-polo différents de chaque championnat : « le niveau de jeu ainsi que le mode de jeu sont différents entre chaque pays. Par exemple, en Espagne le jeu est très dynamique alors qu’en Grèce c’est beaucoup plus posé ». Au niveau humain, elle repart riche de souvenirs de ce parcours : « ça m’a permis de découvrir de nouveaux pays, de nouvelles cultures et de nouvelles personnes. »

 

Retour à la maison neuf ans après

« Durant ces sept années à l’étranger, je voyais ma famille seulement trois semaines par an » nous confie-t-elle. La famille a alors été un facteur important pour son retour en France, tout comme la proposition intéressante du club de Lille qu’elle avait reçue : « Lille a été le premier club féminin à se professionnaliser et m’a expliqué son gros projet pour le water-polo féminin ». Durant deux ans du côté de Lille, Louise remporte le championnat de France avec comme bonus un titre de meilleure buteuse. Et c’est en 2014 que le destin la ramène à Bordeaux, dans son club d’enfance : l’Union Saint Bruno Bordeaux : « Quand ton club de cœur t’appelle, ça fait réfléchir. D’autant plus que j’avais envie de me rapprocher de ma famille ». Comme avec Lille, elle a été séduite par le projet bordelais de développer le water-polo féminin au sein du club : « On a notamment créer une section féminine, redévelopper le secteur jeune et obtenu de bons résultats avec l’équipe sénior ».

 

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Le Covid : un facteur de cette non-qualification aux Jeux Olympiques 2020

Début d’année 2020, l’Équipe de France est en stage pour disputer par la suite le tournoi qualificatif des Jeux Olympiques de Tokyo : « On avait toutes nos chances. On avait l’équipe pour faire quelque chose à Tokyo ». Cependant, une pandémie mondiale débarque et le tournoi est annulé quinze jours avant le début. Un coup sur la tête pour l’équipe : « On rentre chez nous alors que ça faisait quatre ans qu’on travaillait et qu’on avait sacrifié nos vies pour être prête pour ce tournoi. C’est très dur. » Tout le monde est alors confiné plusieurs mois. Une longue période qui a décimé l’équipe : « Des joueuses importantes ont pris du recul, certaines sont tombées enceinte, d’autres se sont faites opérées pour des blessures. Et on s’est retrouvé avec une équipe beaucoup plus jeune, pas du tout celle prévue au départ. En un mois de stage, il fallait alors recréer une équipe sans expérience, sans vécu ensemble. » Le tournoi de qualification olympique se déroule en janvier 2021 en Italie et l’Équipe de France échoue en quart de finale face à la Hongrie : « une grosse déception » d’après Louise qui ajoute « on ne sait pas ce qui se serait passé sans le Covid ».

Déjà tourné vers les Jeux Olympiques 2024 de Paris, l’objectif est très clair : « On y va pour ramener une médaille. On a encore trois ans pour travailler. C’est possible pour moi. »

 

Un secret pour être toujours au niveau même après 20 ans de carrière ?

Près de 20 ans de carrière, 18 en Équipe de France dont 8 en tant que capitaine, voici l’astuce de Louise pour rester en forme après tant de temps dans l’eau : « L’entraînement surtout ! Depuis mon départ à l’étranger, c’est huit entraînements par semaine. Après la deuxième chose très importante, c’est de savoir écouter son corps. Avec l’expérience, je sais quand mon corps est fatigué et quand je dois me reposer, ralentir les entraînements. ».

Après 23 années dans le water-polo, la situation est aujourd’hui très claire : « Tant que je peux continuer à jouer et que je prends du plaisir, je jouerai. Et ce plaisir, je l’ai toujours autant même après tant d’années ».

 

Image à la une: Louise Guillet, Crédit photo: Louise Guillet

 

Lucas Jariais.

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