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TRIATHLON Sanjana Pichard : « Le corps humain est plein de ressources »

Sanjana Pichard est une ancienne nageuse et coureuse de triathlon. En équipe, elle a fait partie de la deuxième division de triathlon. Elle revient sur sa passion pour les sports nautiques et son expérience avec le triathlon de haut niveau.

Sanjana commence la natation à l’âge de 3 ans et est repérée par une entraineuse à l’âge de 11 ans pour intégrer les compétitions. Elle se spécialise dans 4 nages et délaisse le crawl, ayant beaucoup plus de force dans les jambes. En natation, sa discipline de prédilection est le dos crawlé, les bras ne servant qu’à « l’immersion, l’équilibre et la flottaison ». En 4ème, sur les conseils de ses coachs, elle intègre un cursus de sport étude, normalement accessible à partir du lycée, afin de s’habituer au rythme soutenu. Au lycée, elle rejoint donc la section sportive qui lui demande en moyenne deux entrainements par jour et 20 heures d’entrainement par semaine.

« Je nageais même les yeux fermés »

Elle commence d’abord ce parcours en tant que nageuse de bassin puis elle se dirige vers le triathlon : « J’en avais marre de nager en bassins […] La natation c’est des longueurs. Pendant 2 heures tu tournes dans un bassin. Parfois quand je m’entrainais le matin, je nageais même les yeux fermés. On compte nos mouvements de bras. Je faisais en moyenne 14 mouvements de bras et donc je savais quand faire ma culbute. »

Sanjana Pichard, Crédit-Photo: Clara Normant

L’arrivée en compétition nationale

C’est en 2017 que Sanjana se dirige vers le triathlon qu’elle pratique individuellement et en équipe. Avec ses coéquipières du club OCC natation-triathlon, elle intègre la D2 et participe à des compétitions nationales. Ainsi, elle concoure à l’épreuve en équipe de D2 dans laquelle chaque coureuse évolue indépendamment. Ce sont alors les 3 premières coureuses arrivées qui classent le groupe.

Entraide et esprit d’équipe

L’équipe féminine du OCC natation-triathlon participe aussi au contre la montre qui, cette-fois, prévoit de faire évoluer toute l’équipe ensemble puisqu’il y a, entre chaque étape de l’épreuve, des checkpoints pour que les coureuses s’attendent à la fin de chacun des trois sports. Les sportives ne courent pas toutes les 3 disciplines de l’épreuves. Sanjana, par exemple, participe seulement aux parties nage et cyclisme dans lesquelles elle pousse et aide ses amies à avancer : « J’avais vraiment la sensation de servir à quelque chose. C’est gratifiant quand elles disent ‘la natation c’était trop facile’. Savoir qu’elles se sont senties bien c’est hyper gratifiant. » Encore une fois, ce sont les trois premières coureuses de l’équipe à franchir la ligne d’arrivée qui classent le groupe.

Des choix stratégiques pour optimiser la performance

Ainsi, l’équipe et les entraineurs élaborent une stratégie précise dans laquelle chacune des filles à un rôle et une ou plusieurs disciplines attitrées afin d’optimiser le résultat collectif : « Il y a des repérages avant les compétitions. Un ou deux jours avant, on part faire les parcours de vélo ou de course. Le coach, avec nous, choisit quelle fille va partir. En natation il faut choisir la forme adoptée et il faut travailler les prises de relais. […] C’est du travail pour l’équipe. Il n’y a pas d’individualisme, on était soudées, c’était millimétré et on ne faisait pas n’importe quoi. »

Soudées pour répondre aux exigences de la discipline

Par conséquent, sur les compétitions, la pression est très importante et l’équipe doit rester soudée : « Il y avait des balises et des puces pour repérer les erreurs éliminatoires et gérer les disqualifications. » Sanjana explique aussi la nécessité de connaitre ses partenaires : « On avait un gros noyau, quand on était en D2 c’était toujours les mêmes filles. Si le groupe change trop souvent, il faut changer la tactique de groupe. Les changements sont très rares à partir de moment où ça change tout. »

Apprendre des autres

Sanjana intègre son équipe de triathlon et la compétition nationale au très jeune âge de 17 ans. Elle est alors la plus jeune de l’équipe ce qui lui permet de s’enrichir des expériences et des compétences de ses coéquipières : « Je n’ai jamais autant appris qu’avec cette équipe-là. J’ai eu une chance incroyable de pouvoir l’intégrer. »

Des disciplines exigeantes tant physiquement que psychologiquement

Toutefois, Sanjana est contrainte d’arrêter sa pratique à cause de ses études de droit mais également à cause du trauma infligé à son corps : « Jai dû arrêter le sport mais heureusement car je commençais à faire une overdose. » Lors de sa saison en D2 de triathlon, Sanjana se blesse au tibia et doit remplacer certaines de ses coéquipières qui ne peuvent pas être là : « Pour avoir le niveau, il a fallu que je m’entraine comme une malade une semaine avant les épreuves sauf que j’étais blessée. Ça m’a un peu brisé le moral. » Elle ajoute : « Quand tu t’entraines pour du triathlon, tu t’entraines en natation, en vélo et en course sauf qu’il y a des transitions et plein de trucs qu’il faut prendre en compte. » La natation lui demande énormément de rigueur et de régularité puisque, sans fréquence et assiduité, quantité d’efforts sont réduits à néant : « la natation c’est ingrat. Tu t’arrêtes une semaine et t’as deux semaines avant de retrouver ton niveau. Si tu ne nages pas le week-end, tu es dans le pâté de lundi. […] Des fois t’étais malade mais tu venais, même avec un peu de fièvre. Il faut nager tout le temps pour garder ton niveau ou progresser. Tu ne peux pas progresser si tu ne t’entraines pas plus. »

Trouver sa liberté dans l’océan

En parallèle du triathlon, Sanjana s’engage en solitaire sur des eaux libres, c’est-à-dire sur la mer ou les lacs. L’ambiance et l’environnement de la compétition ne sont pas les mêmes et c’est ce qui lui plait : « Sur la plage, au moment du départ, c’est une certaine adrénaline. Tout le monde court et se bouscule ; c’est costaud. Ce n’est pas comme en natation où chacun a son plot. » La cadre n’est pas non plus le même qu’en natation et Sanjana peut davantage regarder autour d’elle par rapport au triathlon : « Je vois des poissons et des paysages. Je me suis toujours sentie super bien dans la mer. » Cet exercice est aussi un moyen pour elle de se challenger et de se dépasser : « J’ai fait une course de 8km où il fallait partir de la mer, faire le tour d’une île et revenir. Tu es tout seul et tu as peur mais tu te dis ‘je vais y arriver, je n’ai pas le choix, il faut que je m’en sorte’. C’est se dépasser. J’avais deux bonnets, une combi, il faisait froid et le sel avait attaqué ma peau. En plus, en partant on avait la marée montante et en revenant, la marée descendante. Il faisait noir, on ne voyait rien et il commençait à pleuvoir. Qu’est-ce que le corps humain est plein de ressources.

Photo à la une: Sanjana Pichard, Crédit-photo: Clara Normant

Clara Normant

 

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