NOS FOCUS

TENNIS : Althea Gibson, star du tennis en avance sur son temps

Althea Gibson a été la première femme noire à intégrer le championnat national de tennis des Etats-Unis et à apparaitre en couverture de Sports Illustrated et du Times.

La reine Elizabeth en personne lui remettra le trophée de Wimbledon, une première pour un champion. Au final, Althea Gibson aura réussi à devenir une grande joueuse de tennis malgré le contexte de ségrégation aux Etats-Unis.

La reine Elizabeth, le 6 juillet 1957 au tournoi de Wimbledon

Ses débuts dans les rues de New York 

Althea Gibson est née en 1927 dans la ville de Silver en Caroline du Sud. Ses parents travaillaient dans les champs de coton, mais après la grande dépression, ils furent contraints de partir vivre dans le quartier de Harlem à New York. Elle vécut une enfance difficile au côté d’un père violent et passa quelques temps dans un centre spécial pour les enfants maltraités. C’est dans les rues de New York qu’elle découvre le tennis en pratiquant le « padel », sport de raquette joué sur un petit terrain. À l’âge de douze ans elle remporte le tournoi de « padel » pour fille de la ville ; Buddy Walson organisateur des jeux de rue la remarque, et grâce à lui elle entre dans un club de tennis privé pour les classes moyennes afro-américaines de West Harlem. Talentueuse, elle remporte de nombreux tournois réservés aux Noirs et se fait est très vite repérée par Robert Walter Johnson et Hubert Eaton, un homme d’affaire américain.

Première joueuse professionnelle noire de tennis 

Au début de sa carrière, les Etats-Unis sont encore un pays ségrégationniste, Althéa Gibson ne peut donc pas participer à de nombreux tournois, car ils sont majoritairement réservés aux blancs. Heureusement, la joueuse Alice Marble la soutient en publiant une lettre ouverte dans le magazine American Lawn Tennis. Grâce à son impact, Althea Gibson devient en 1950 la première joueuse de couleur à prendre part au championnat national. Malgré sa défaite face à Louise Brough, sa participation est fortement couverte par la presse, nationale et internationale. L’année suivante, elle remporte son premier titre international dans un championnat en Jamaïque.

Althea Gibson et Alice Brough

Quand elle n’est pas sur les courts, Althea étudie à la Florida Agricultural and Mechanical University, une université pour noirs qu’elle a pu intégrer grâce à une bourse sportive. Après ses études elle devient professeure d’activité physique dans une université du Missouri.

Les années 50 : La consécration 

En 1955, le ministère des affaires étrangères l’envoie en Asie pour participer à des matchs amicaux pendant 6 semaines. Ainsi, le gouvernement se rapprocha de la joueuse de tennis pour traiter des questions raciales dans le pays. À la fin de ce voyage elle part en Europe où elle remporte 16 tournois sur 18.

En 1956, elle est la première joueuse afro-américaine à remporter le grand Chelem de Rolland Garros. Althea Gibson remporta trois fois d’affilé le double féminin, avec trois partenaires différentes. Elle fut également nommée athlète féminine de l’année en 1957 et 1958, la deuxième fois elle obtint 80 % des voix. Elle prend sa retraite cette même année. Lors de sa carrière, elle a remporté 11 titres du Grand Chelem dont Wimbledon et l’US Open. A la fin de sa carrière, Althea Gibson était la femme la mieux classée après avoir remporté plus de 50 tournois en simple et en double.

Althea Gibson

Carrière de Golfeuse 

A 51 ans, après sa carrière de tennis elle se met au golf, et en 1964 elle devient la première femme noire à rejoindre l’association des golfeuses professionnelles des États-Unis. Malgré tout, la discrimination raciale qui perdure reste un problème.  Beaucoup d’hôtel ou de country club n’acceptent par les noirs, ce qui l’empêche à nouveau de concourir à certains tournois. L’ancienne joueuse de tennis atteindra tout de même la 27e place mondiale. Elle prit sa retraite de golfeuse en 1978.

Althea Gibson (Jeenah Moon for The New York Times)

Malgré tous ses exploits elle tomba dans l’oubli jusqu’à cette année où l’on inaugura une statue à son effigie au centre de Tennis Billie-Jean-King à New York lors de l’US Open.

“Reconnaître ce que Althea représentait et comprendre qu’elle avait véritablement franchi la barrière des couleurs pour le tennis – beaucoup de gens pensent que c’est Arthur [Ashe], mais c’était Althea, 11 ans avant lui”, a déclaré Katrina Adams, ancienne présidente et directrice générale de l’US Tennis Association

Tina Millet

Articles Similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.