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SINE QUA NON RUN : Action, Bienveillance et Respect !

C’est l’événement de ce mois d’Octobre, dans le monde du sport, l’association « Tu vis, tu dis » lance le “SINE QUA NON RUN”, ce samedi 19 pour la deuxième édition au Parc de la Villette à Paris.

Mathilde Castres, Présidente et Fondatrice de l’association « Tu vis, Tu dis » luttant contre les agressions sexuelles et sexistes faites aux femmes, nous en parle plus en détails.

 Une association créée par 3 femmes ?

Tout a commencé lors d’une discussion où on s’est rendu compte qu’on avait tous été confrontés, de près ou de loin à ces problématiques d’agressions sexuelles.  Ainsi comme rien ne se passait pour lutter contre ces agressions et qu’une omerta était déjà très présente sur ce sujet-là, bien avant les mouvements #Metoo nous avons eu envie d’agir, car on ne trouvait pas cela normal en 2017.  L’idée de cette course est de montrer que nous sommes nombreux à nous mobiliser sur ces questions-là, pour aller vers une société plus respectueuse des relations hommes-femmes.

Le 19 Octobre 2019 aura lieu le « Sine Qua Non Run », pour la deuxième édition, pouvez-vous nous en dire plus sur le déroulement de l’évènement et de son importance pour l’association « Tu vis, tu dis » et ses partenaires ?

Pour cette deuxième édition, nous souhaitons travailler sur les animations qui se tiendront toute la journée en amont de la course. Tout un village sera mis en place, avec des animations de sensibilisation des différentes associations partenaires qui prennent part au projet. Par exemple, l’association « On the way » mettra en place une animation ouverte dans laquelle les participants pourront se mettre dans la peau d’une fille qui est victime de harcèlement de rue. On aura deux tables rondes, dont une sur le sport comme outil de réappropriation de l’espace public et de réparation. D’autres animations auront pour but de sensibiliser sur la question des agressions sexuelles dans le milieu festif (notamment dans les festivals). Des challenges sportifs pour enfants seront également organisés pour les sensibiliser sur l’égalité homme-femme et des nombreuses violences. Et pour finir, un artiste nous fera l’honneur de sa présence pour réaliser une fresque, où les participants seront invités à la poursuivre autour de femmes sportives inspirantes.

Photo Sport Market

La course débutera ainsi au début de la nuit. À 18 heures, le départ pour les 6 Kilomètres et à 19 heures celui du 10 Km.

 Pourquoi avoir choisi le sport comme moyen de lutter contre les violences faites aux femmes ? Quel symbolique y a-t-il derrière ?

On a choisi le sport, pour plusieurs raisons. Notre première volonté a été de vouloir agir pour sensibiliser l’ensemble de la société sur ces sujets-là.  Très vite le sport s’est imposé comme le meilleur outil, pour pouvoir toucher un maximum de personnes. Avec le sport, on arrive à se libérer, toutes classes et catégories sociaux professionnelles confondues. Avec le sport on peut donner un élan fédérateur, anti-âge, une certaine énergie sur un sujet qui n’est pas évident. Toutes les valeurs véhiculées par le sport, peuvent servir sur cette cause.  Ainsi nous l’utilisons comme moyen de se libérer. Comme autre motivation, on a vu dans le sport un moyen de « se réparer ». Avec de nombreux experts, nous avons constaté que comme la blessure est physique, le plus souvent, le sport est un moyen de se réparer, de retrouver confiance en soi et en son corps.

Si vous deviez décrire le mouvement en 3 mots

ACTION, BIENVEILLANCE, RESPECT !!

Affiche Sine Qua Non Run – Sport Market

Quels sont les retours les plus fréquents que vous avez de la part des participant(e)s ?

Nous avons eu de nombreux retours de personnes qui nous disent qu’ils n’ont jamais couru de leur vie et qu’ils ne sont pas du tout sportifs. Mais que pour cette cause, ils ont commencé à chausser leur basket et à s’entrainer pour le 6 Km. Et souvent après la course, on ressent une très grande fierté de la part de ces personnes-là qui nous expliquent qu’elles continueront à s’entrainer pour le 10 km de l’année prochaine. Pour nous, c’est fort en émotion, quand des personnes viennent nous voir pour nous dire que c’est super de courir sur ce parcours-là de nuit, parce qu’elles se sont faites trop souvent embêter la nuit, pendant un running. Elles nous racontent qu’elles finissent donc par s’inscrire en salle de sport. Dans l’ensemble, nous avons de nombreux retours forts et représentatifs de ce contre quoi on se bat au sein de l’association.

Photo Sport Market

 Après les nombreux féminicides qui continuent d’augmenter et de rythmer l’actualité, constatez-vous une quelconque avancée dans le combat que vous menez, depuis 2 ans ?

Effectivement, on sent qu’il y a de plus en plus de personnes qui prennent part à la cause. Chaque mois, l’association organise les « SINE QUA NON SQUAD », où on travaille justement sur la réappropriation de l’espace public. On se donne rendez-vous dans des endroits où on n’a pas forcément l’habitude d’aller, comme à Aubervilliers, à Pantin ou encore au Bois de Boulogne. Et l’idée serait de se dire, qu’ensemble on va se réapproprier l’espace public, qu’on peut courir où, quand et comme on veut. Par conséquent, on sent que cette communauté grandit car de nombreuses personnes osent davantage en utilisant le sport comme moyen d’action.

Photo Sport Market

Mounia SAADI

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