Equipe de France

RUGBY XV DE France : L’appétit grandissant des « Affamées »

Un Grand Chelem dans le Tournoi des Six Nations, une finale en Coupe du monde de rugby à 7 et une victoire historique sur la Nouvelle-Zélande (30-27) samedi à Grenoble : les Françaises ont bouclé une année 2018 quasi parfaite qui légitime leur ambition de titre mondial pour 2021.

« Elles ont une fraîcheur incroyable, elles jouent bien au rugby, elles s’entraînent énormément, avec le sourire, elles sont à six heures du matin à Marcoussis quand d’autres traînent les pieds pour aller faire une activation. » Le compliment, appuyé, est signé Jean-Baptiste Elissalde, l’entraîneur des lignes arrière du XV de France. Si l’appétit vient en mangeant, les « Affamées », leur surnom, ont festoyé pour finir par croquer (30-27) les quintuples championnes du monde néo-zélandaises à Grenoble, qui enregistrait pour l’occasion la deuxième meilleure affluence de l’histoire du rugby féminin, avec 17 000 spectateurs.

Pour autant, Olivier Lièvremont, l’entraîneur-adjoint des féminines, n’aime pas le mot exploit. « C’est l’aboutissement d’un travail. Dans le match d’avant (perdu 14-0 à Toulon, le 9 novembre), il y avait les prémisses de cette victoire-là. Sur le premier match, il y a vraiment la possibilité pour passer », estime le responsable des lignes arrière des Bleues, qui voit plutôt le succès au Stade des Alpes, où les Bleues avaient déjà battu l’Angleterre en mars (18-17), comme « une étape vers la suite ».

France – Nouvelle-Zélande

En France et chez les Féminines, 7 et XV font bon ménage

Troisièmes de la Coupe du monde 2017, championnes d’Europe en mars, les Bleues montent en puissance depuis l’arrivée d’Annick Hayraud à la tête de l’encadrement, dans la foulée de l’élection de Bernard Laporte à la tête de la FFR, fin 2016. S’il a évincé les précédents entraîneurs, Laporte a gardé le socle mis en place par Pierre Camou : contrats fédéraux et projet commun 7-XV. Elles en recueillent aujourd’hui les fruits avec également une finale lors de la Coupe du monde à 7 en juillet prochain à San Francisco.

« La plupart des nations ont bien du mal à s’entendre entre rugby à 7 et rugby à XV. Nous, en France, on arrive à le faire », explique Lièvremont, citant l’exemple de Caroline Drouin, arrivée dans le groupe en 2017, pour expliquer sur l’ouvreuse rennaise les bienfaits du 7, très exigeant physiquement et mentalement : « Çà l’a fait progresser. Chaque tournoi de 7 est une mini-Coupe du monde ». Là où la vingtaine de « septistes » sous contrat reste « en demeure » à Marcoussis et voyage beaucoup avec le circuit mondial – d’où un contrat de travail à 75 % -, les 25 quinzistes sous contrat passent l’essentiel de la saison au sein de leurs clubs amateurs, dans un championnat passé à seize équipes afin d’élargir le vivier.

Direction la Nouvelle-Zélande pour disputer la Nations Cup et retrouver les Black Ferns

Non rémunérées en club, les internationales françaises, salariées ou étudiantes, bénéficient d’un contrat fédéral à mi-temps qui leur permet « de pouvoir récupérer quand on rentre des compétitions, d’avoir un peu plus de facilités à construire leur carrière avec leur employeur et leurs études », détaille Lièvremont. Ces filles veulent être championnes olympiques à 7 en 2020 et championnes du monde à XV en 2021 ! « Il faut garder cette même dynamique avec un autre Grand Chelem dans le Tournoi des Six Nations et une qualification pour les Jeux Olympiques avec le rugby à 7 », plaide Drouin.

« Si on veut être les meilleures, il faut se confronter aux meilleures », répète inlassablement de son côté Hayraud. Les Affamées ambitionnent de retrouver la Nouvelle-Zélande lors de la Nations Cup, un tournoi de fin de saison dont les contours de l’édition 2019 sont en train d’être dessinés. « On veut les affronter plusieurs fois pour avoir moins d’émotions à chaque fois, mieux les connaître, relativiser ces événements-là », se réjouit Lièvremont. Les Black Ferns, elles, ont appris depuis samedi dernier à Grenoble l’existence d’un ogre en devenir. 

Avec AFP

 

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