Vice-championne des Jeux Olympiques de la Jeunesse à Buenos Aires en 2018, Emma Brentel a intégré l’INSEP cette année. La jeune perchiste a un record à 4m25 et rêve d’emmener sa discipline, sous son volet Féminin, au plus haut niveau, comme l’a fait avant elle, Ninon Guillon Romarin. Licenciée au Racing Club depuis qu’elle commence l’athlétisme à 6 ans, Emma se penche vers la perche dès benjamine. Cette discipline a un bel avantage, c’est le saut le moins traumatisant que connaissent les athlètes.

Après s’être entraînée au pôle de Nantes, sous les yeux d’Alain Donias, Emma connait un tremplin dans sa jeune carrière. Elle participe aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de l’autre côté de l’Atlantique. C’est dans les semaines qui suivent la compétition, que la nantaise entame une démarche particulière. Elle contacte le directeur de l’INSEP, qu’elle avait aperçu en Argentine, pour lui demander d’intégrer le pôle France.

Peux-tu nous parler de ta folle aventure aux Jeux Olympiques de la Jeunesse ?

On est parti deux semaines à Buenos Aires. Tout d’abord, quand nous sommes arrivés on a dû s’habituer au décalage horaire, 6 ou 7 heures. Après la compétition a commencé plus tard. On faisait des footings et des petits échauffements tranquillement. J’y suis allée avec mon ancien entraineur, il ne m’avait pas donné d’objectifs précis. J’avais pour consigner de m’amuser, c’est ce que j’ai fait !

Il m’avait dit que c’était plus comme une récompense de la saison estivale que je venais de passer. J’avais repris l’entraînement fin Aout, mais il n’y avait que deux mois de préparation avant les JOJ. Je ne pensais pas être au plus haut niveau aussi vite, ça m’avait beaucoup angoissée, je m’en souviens. C’était une compétition avec un système particulier. Ce n’était pas qualifications et finale comme est le système que l’on connait normalement. Les juges faisaient la moyenne des deux concours. Donc c’était inédit pour moi. Même si à la perche il y a moins de différence que sur des courses par exemple. Si le vent est différent d’une course à l’autre c’est compliqué de comparer les deux en termes de temps.

C’était la première compétition de l’année. Au début, j’étais assez déçue de ma perf, même s’il y avait la bonne place. Mais avec le recul je suis contente d’avoir vécu cette expérience. 

https://www.instagram.com/p/Bo9a9FrAk1Y/?igshid=1vmnuvixnya6m

La saison 2019-2020 d’Emma s’est arrêtée brusquement après les championnats de France Elite, desquels la perchiste est déçue de sa performance. Elle a sauté 4m10 alors qu’elle aurait voulu battre son record personnel. Néanmoins quelques week-ends avant, la jeune femme a décroché le titre aux championnats de France jeune.

Alors qu’avec de l’entrainement Emma Brentel sent qu’il y a des choses qui se mettent en place. Elle doit quitter l’INSEP pour rentrer se confiner chez ses parents à Nantes. C’était pourtant de bon augure pour la suite. C’est déçu qu’Emma nous confie qu’elle voulait travailler sa technique, elle qui est puissante, n’est pas toujours à l’aise avec ses placements.

« Je suis toujours restée motivée. J’habite à la campagne donc j’ai pu continuer de m’entrainer un peu, mon coach m’a envoyé des séances mais c’était tout de même bien différent que quand on s’entraine à l’INSEP. C’était pareil pour tout le monde de toutes façons donc je ne pense pas avoir pris particulièrement de retard sur mes concurrents. Je l’ai passé avec ma famille à Nantes, j’ai fait beaucoup de préparation physique. Juste avant le déconfinement, le temps commençait à être long. Le 11 mai est arrivé à temps. »

Emma Brentel a fait son retour à l’INSEP il n’y a que deux semaines. Les démarches de son retour ont pris du temps, elles devaient passer des examens médicaux. Elle a retrouvé son entraîneur avec qui elle reprend la perche petit à petit, pour éviter le risque de blessure. La nantaise profite aussi de cette liberté retrouvée pour voir de nouveau ses amis du pôle.

Quels sont les avantages de t’entraîner à l’INSEP ?

Je pense que ce qu’il y a de mieux c’est que tout est accessible. Le matin je peux me lever que 30 minutes avant d’aller en cours, tout est sur place. Il y a aussi tout un staff qui nous suit (kiné, nutritionniste, médecin du sport …). Pour les entrainements tout se passe aussi sur la base du Pôle. Nous ne perdons pas de temps dans les transports. Tout est optimisé et mis en place pour que l’on fasse de la performance.

Il y a un autre point qu’Emma retient, la cohabitation avec les autres athlètes, « c’est motivant, et nous ne sommes pas autant tentés de sortir que dans un lycée basique !  A l’INSEP il y a un cadre supplémentaire et nos copains vivent avec nous »

Pour Emma, la suite de la saison est en pointillés. Il y avait les championnats du monde jeunes qui devaient se dérouler à Nairobi (Kenya) à la mi-juillet, c’est reporté mais elle n’en sait pas plus. Elle n’a ni les conditions de qualifications ni autres précisions.

Les uniques échéances qui sont datées à ce jour sont les championnats de France jeunes et Elite. Les minimas des qualifications sont relativement haut pour une saison mise entre parenthèses « c’est peut-être pour faire un tri » nous confie Emma. Les minimas en jeunes sont à 3m80 et ceux pour les Frances élites sont fixés bien plus haut, 4m30. « Je ne sais pas encore si je vais y aller, parce que normalement on arrive au France avec plus de 10 compétitions et là on n’est sûr de rien avant les championnats de France. Mais bon c’est pareil pour tout le monde ».

https://www.instagram.com/p/B86yIvxIhwo/?igshid=5dn2rv4ks7g0

Dans ces moments difficiles, Emma garde en tête de bons souvenirs. Comme ses championnats d’Europe Cadettes en Hongrie, en 2018. Bien que la saison 2019-2020 soit bien particulière, Emma a des envies de hauteur. Elle souhaite progresser de manière continue pour rejoindre rapidement l’équipe de France élite.

Juliette Courcoul

Photo à la Une: Emma Brentel, Crédit Photo: Emma Brentel

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici