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KAYAK Louna Robert : « J’aime la sensation de la glisse »

Louna Robert a 17 ans, elle est kayakiste au Canoë kayak club de l’Ile Robinson et membre du pôle espoir de Cesson-Sévigné.  Elle  nous explique l’organisation millimétrée de son emploi du temps, ses ressentis sur l’eau ainsi que les spécificités de sa discipline.

Louna Robert est une jeune kayakiste entrée au pôle espoir en 2019 pour mener un double cursus. Elle évolue depuis janvier 2020 en catégorie junior au sein du club de kayak de Saint-Grégoire où elle pratique la course en ligne, une discipline qui allie sprint, fond et marathon. Le week-end dernier, la sportive de haut niveau devait concourir aux opens de France mais la compétition a été annulée.  Dans le futur, elle souhaite intégrer le pôle France féminin de kayak à Toulouse où la plupart des kayakistes féminines de l’équipe de France sont regroupées. Du côté des compétitions, elle projette de participer aux « olympic hopes », une compétition internationale U17 qui se déroule dans les pays de l’est : « Pour les jeunes de mon âge, ça permet de se confronter à une course internationale sans avoir encore le niveau et l’âge d’aller aux jeux olympiques. » À plus long terme, la jeune kayakiste souhaiterait participer aux jeux de 2028 ou de 2032.

Sa discipline et ses spécificités

Aux opens de France, elle aurait participé à l’épreuve de sprint de sa discipline, la course en ligne, sur le bassin olympique de Paris 2024 à Vaires-sur-marne. En catégorie junior, l’épreuve de sprint de la course en ligne se compose de trois premières courses de 200, 400 et 500 mètres en kayak monoplace puis d’une dernière course de 500 mètres en kayak à deux ou à quatre places. Dans le cas des opens de France, à la différence des championnats de France, l’épreuve collective se joue avec des coéquipiers issus de club de toute la France : « C’est hyper intéressant de le faire avec des personnes concurrentes, c’est pas du tout la même approche. Par la suite, si on entre en équipe de France, les personnes de notre équipage ne sont pas des personnes de notre club donc ça permet de s’adapter, de prendre sur soi et d’apprendre à évoluer avec certaines choses qui pourraient empêcher le bateau de fonctionner. » Toutefois, les compétitrices des autres bateaux restent des rivales même si le respect est toujours de mise : « Quand on est sur l’eau, c’est la compétition, on ne fait pas de cadeau mais, en dehors de l’eau, c’est nos amies. Sur l’eau, une course c’est une course. Il n’y a jamais de méchanceté. C’est le respect avant tout. »

Louna Robert, Crédit-Photo: Louna Robert

L’ambiance des championnats de France

Grâce au kayak, Louna s’est déplacée aux quatre coins de la France pour des championnats, des opens ou des stages. Sur les championnats de France, l’été, son club la loge souvent au camping. Les journées sont intensives et rythmées par les épreuves la journée et les debriefs le soir : « Sur une journée, on n’a pas beaucoup de temps pour discuter avec notre entraineur mais le soir il nous fait un retour sur ce qu’il a vu. Les championnats de France durent une semaine et ça permet de discuter avec les garçons et de s’entraider si j’ai eu ma couse le lundi et que les garçons ont leur course le lendemain, par exemple. »

Le rythme général de l’année

Au pôle espoir, le rythme est soutenu et l’emploi du temps est très rigoureux. Les sportifs alternent successivement trois semaines de développement durant lesquelles ils ont deux à trois séances de sport par jour et une semaine de régénération durant laquelle ils ont une à deux séances quotidiennes. Souvent, ils ont une séance de bateau par jour et les autres sont consacrées à la musculation, aux gainages ou à la course à pied. Seulement une semaine de coupure leur est accordée à l’année, entre Noël et le nouvel an. L’été, ils ne peuvent surtout pas s’arrêter de s’entrainer car il y a les championnats de France de vitesse en juillet et les « olympic hopes » en septembre. La semaine qui précède les compétitions ils ont le plus souvent un entrainement par jour durant lequel ils travaillent les sprints et les départs. Cette cadence soutenue et exigeante a d’abord été dure à vivre pour la jeune fille : « Au début, c’était très compliqué, je suis passée de trois entrainements par semaine à deux à trois entrainements par jour. Maintenant, j’ai pris le rythme. Je ne me pose plus la question de comment je vais faire. »

La passion de la glisse

Pour assumer une telle fréquence et une telle intensité d’entrainement, la kayakiste doit être mue par une véritable passion. Elle explique : « Sur les entrainements, j’aime la sensation de la glisse. On cherche toujours le petit détail pour mieux y arriver. » Aussi, elle insiste sur la nécessité de prendre du plaisir et de s’engager personnellement : Il faut se faire plaisir, il faut aimer ce qu’on fait. Pour rentrer dans un cursus comme le mien, il faut que sa vienne de soi-même, il faut en avoir envie. » Selon ses dires, le jeu en vaut la chandelle puisque ses émotions et ses ressentis sur les courses sont très intenses et mêlent concentration et excitation : « en course, les émotions sont présentes avant de rentrer sur le système de départ. Il y a une adrénaline qui donne envie de partir et qui excite. Pendant la course, on part et on va à fond tout le long pour arriver le plus vite possible. En fond et en marathon, on a le temps de penser à tout ce qu’il y a autour de nous, de ressentir cette glisse et de moins bourriner. »

Photo à la une: Louna Robert, Crédit-Photo: Louna Robert

Clara Normant

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Le Club

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