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KARTING Alexandra Cortinovis « Le karting, c’est l’école de la vie. »

Aussi passionnant que coûteux, le karting est un des sports mécaniques les plus pratiqués en France. Pour en savoir davantage, nous avons rencontré Alexandra Cortinovis, une expérimentée pilote de karting.

 

Le karting, une passion familiale

Depuis toute petite, Alexandra baigne dans ce sport grâce à un papa pilote et surtout fan de karting : « C’est clairement lui qui m’a transmis cette passion ». Et c’est à l’âge de 10 ans qu’elle débute vraiment, dans le Morbihan. « C’est l’ensemble de ce sport qui m’a plu et qui me plaît toujours autant, dont notamment la vitesse, l’ambiance et ses valeurs. Le karting, c’est l’école de la vie tout simplement. Tu y apprends le partage, l’entraide entre pilotes » nous livre-t-elle.

Encore aujourd’hui, son papa la suit encore dans sa carrière : « c’est lui qui me fait la mécanique ». Mais il n’est pas le seul pilier dans le parcours d’Alexandra puisque son copain lui est également d’une grande aide. Motoriste spécialisé dans le karting, il lui permet notamment de s’occuper des pièces mécaniques ou de faire la révision de son moteur. Tous les deux ont d’ailleurs monté leur propre équipe de karting : AS Racing, qui optimise et répare les kartings de plusieurs pilotes. Alexandra est bien accompagnée pour pratiquer au mieux sa passion.

 

Une performance gravée dans sa mémoire

19 années après avoir débuté, Alexandra est toujours à bord de son karting. Et entre temps, de belles courses lui sont restées en tête. En catégorie jeune, elle a été plusieurs fois vice-championne de l’Ouest. Puis en catégorie adulte, deux fois vice-championnes du Trophée de Bretagne sont à noter au palmarès. Mais le meilleur souvenir de sa carrière, c’est bien-sûr ce championnat de France 2017. Pourtant, tout avait mal démarré. Sortie de la piste en pré-finale, course qui précède la course finale, Alexandra débutera dans les dernières places, ce qui équivaut à la 30ème place : « Quand tu n’es pas dans le top 5 au moment de démarrer la course finale, c’est très compliqué d’accrocher un podium » nous avoue-t-elle. Une sortie de piste qui lui causera une grande déception après tant d’efforts fournis : « J’étais en pleurs après cette pré-finale. Je savais que mon week-end était fini. J’avais mis tout mon budget pour partir à l’autre bout de la France. Tout s’arrêtait pour moi. » Mais il ne faut jamais abandonner. Et Alexandra le sait très bien. Lors de la course finale, elle pilote sans pression et veut juste tout donner. Place après place, elle remonte dans le classement jusqu’à arriver à la quatrième place : un exploit tout simplement. Pour accompagner cette performance, un déclassement a lieu et Alexandra termine finalement à la 3ème place qui est synonyme de podium : « C’est presque mieux que d’avoir gagné car tu ne t’attends tellement pas à remonter autant donc c’est encore plus beau ! ».

Alexandra Cortinoris, Crédit-photo: Mickael Boone

« C’est très réglementé. Tu ne peux pas faire ce que tu veux »  

Un karting, c’est comme une voiture, il doit être révisé et même plus régulièrement. « Des contrôles sont réalisés à chaque course, surtout au niveau du moteur » nous explique Alexandra, qui ajoute : « On a tous le même moteur, avec différentes marques de châssis. Mais ce sont plus ou moins tous les mêmes. » Dans sa catégorie, le poids du pilote additionné à celui du kart doit être équivalent à 160 kg. Pilotant contre des hommes qui sont souvent plus lourds qu’elle, Alexandra n’a pas le choix que de rajouter 20 kilos de plomb afin de respecter la règle des 160kg. Pour piloter, faire partie d’une équipe, comme Alexandra, n’est pas obligatoire. « Mais tu es obligée, cependant, de faire réviser ton moteur chez un professionnel » déclare-t-elle.

Mais jusqu’à combien un kart peut-il aller ? Celui d’Alexandra roule, en ligne droite, en moyenne à 120 km/h. Mais à ras-du-sol, ce ne sont pas du tout les mêmes sensations que sur l’autoroute !

 

Un sport mixte mais dominé en nombre par les hommes

Alexandra est une des rares pilotes féminines sur les circuits : « Dans l’année, il y a un championnat féminin. Sinon, toutes les autres courses sont mixtes ». Par ordre d’idée, « sur une course de 36 participants, il y a grand maximum cinq femmes ». « Nous ne sommes pas encore assez de femmes sur le circuit, c’est encore trop compliqué aujourd’hui de dédier une catégorie féminine » nous explique-t-elle. Mais ce format de courses mixtes convient très bien à Alexandra, qui vante notamment ses concurrentes : « Le peu de féminines présentes sont souvent devant ».

 

Le karting, un sport de luxe

« J’ai un métier à côté du karting. Très peu de personnes peuvent en vivre, peut-être deux ou trois en France ». En tant que pilote, le karting n’est pas un sport qui rapporte assez pour en vivre. C’est plutôt un sport qui demande un certain budget : « Le karting, c’est très coûteux. Déjà, un train de pneus (les 4) c’est 190€ et il en faut minimum deux ou trois par week-end. S’il pleut, il faut prendre des pneus-pluie en plus. Tu rajoutes après l’inscription. Au final, ce sont des week-end qui grimpent facilement à 1000€, et je ne compte pas la  casse ! ».

Heureusement pour elle, Alexandra est, depuis plusieurs années, accompagnée par ses cinq sponsors : Obox Auto, Pare-Breizh, Mad’In Autos, Atees et Yuasa. « S’ils n’étaient pas là avec moi, je ne pourrais pas rouler » avoue-t-elle.

 

Alexandra connaîtra, l’année prochaine, sa vingtième saison dans le karting. Mais même après tant d’années, la passion est toujours présente : « À part le karting, il n’y a pas d’autre sport automobile qui m’intéresse. Je suis vraiment bloquée dessus ». Pour la suite de sa carrière, un seul objectif  : remporter le championnat de France féminin. Un objectif à sa portée, qui serait le fruit de longues années de travail et de sacrifices.

 

Image à la une: Alexandra Cortinovis, Crédit-photo: Mickael Boone

 

Lucas Jariais.

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