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HOCKEY SUR GAZON Victoire Arnaud « Je suis amoureuse de ce sport »

Le hockey sur gazon est un sport dont les Français entendent très peu parler. Mais nos amis belges, eux, l’ont adopté et en font un sport presque national. Rencontre aujourd’hui avec une passionnée, une révoltée mais surtout une joueuse de l’Équipe de France d’hockey sur gazon : Victoire Arnaud.

Le hockey sur gazon : un « mélange de plusieurs sports »

Avec une balle de la taille de celle d’une balle de tennis et le poids d’une de golf, avec un terrain de dimensions de celui de football et une crosse dans les mains : le hockey sur gazon n’a rien d’un sport ordinaire. Plusieurs règles sont spécifiques au hockey : le hors-jeu n’existe pas, un but ne peut être marqué que dans la zone proche du but et le contact physique n’est pas autorisé. Un match dure 1h, répartie en 4 périodes de 15 minutes, où 11 joueurs contre 11 s’affrontent. Le hockey sur gazon est alors un mélange de pas mal de sport ; et c’est cela qui fait son originalité et son charme.

Pas le choix que de quitter son pays

Native de St Étienne, Victoire Arnaud découvre ce sport inconnu à 8 ans, dans le club de sa ville : le hockey club stéphanois. Tout de suite, elle a accroché avec ce sport : « Vu que c’est un sport peu connu, tout le monde se connaît et c’est donc très familial. Moi qui adore le sport collectif, j’ai vraiment retrouvé ces valeurs de solidarité, de fair-play. » Après 4 années dans ce petit club stéphanois, Victoire décide de partir dans le gros club de la région : le FC Lyon Hockey : « Contrairement à St Étienne, il y avait à Lyon une équipe totalement féminine. Je voulais vraiment progresser et jouer au plus haut niveau ».

Arrivée à 17 ans, Victoire va connaître les études supérieures. Elle souhaite devenir kinésithérapeute et décide de partir en Belgique : « Si je restais en France, je devais passer par la fac de médecine, ce qui voulait dire faire une croix sur le hockey. Je connaissais mes premières sélections en Équipe de France et je ne pouvais pas arrêter maintenant. Partir en Belgique dans une école de kinésithérapie était alors la meilleure solution pour mon avenir sportif et professionnel ».

 

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« Le Hockey sur gazon, c’est presque le sport national en Belgique »

Outre le projet universitaire, le niveau de ce sport en Belgique a également joué dans la décision de la stéphanoise : « Là-bas, le hockey est très développé : c’est le haut niveau ». Le championnat belge est réputé à l’international et attire les meilleures joueuses du monde, que ce soient des hollandaises ou des argentines. Victoire débarque au Royal Orée, club de D1, équivalent à la deuxième division. Après une belle saison, son équipe rate la montée à cause de la pandémie de Covid-19. Le Royal Wellington, club de DH équivalent à la première division, la contacte dans la foulée afin de la recruter. Elle nous décrit sa première saison au plus haut niveau : « C’était une expérience incroyable. Il y avait un niveau de dingue, c’est peut-être pour ça qu’on a tout perdu et ça ce n’était pas très drôle ! »

 

Une situation révoltante

Le hockey sur gazon est un sport inconnu du grand public français et c’est surtout dû à une médiatisation proche de zéro. Cette non-reconnaissance de ce sport en France agace Victoire, mais qui n’est pas la seule à taper du poing sur la table : « Il y a très peu de moyens à la fédération française de hockey ; on galère même à obtenir une tenue complète d’équipements sportifs. Tu es obligée de faire des sacrifices malheureusement. Oui c’est magnifique de porter le maillot de l’Équipe de France, mais ça ne va pas te faire vivre plus tard. Nous n’avons alors pas le choix de faire des études à côté et d’avoir un métier pour s’en sortir. » Le hockey sur gazon, sport présent notamment aux Jeux Olympiques, ne reconnaît toujours pas les joueuses de l’Équipe de France comme professionnelles, et ces dernières ne touchent rien « alors qu’en Belgique elles sont payées, même dans les clubs belges elles sont payées. Alors qu’en France c’est toi qui payes pour jouer. »

 

Une prochaine saison toujours dans le flou 

Après une saison à la dernière place, Victoire et son club devraient normalement descendre en D1 belge. Cependant, Covid oblige, le championnat de D1 n’a pas joué du tout cette année. La ligue belge réfléchit encore si une descente du dernier de DH aura lieu, ou pas, pour la prochaine saison. Qu’il y ait descente ou non, Victoire n’est, pour l’instant, pas décidée à quitter le Royal Wellington : « J’adore ce club ! Il est très familial. Ce n’est pas un club qui recrute tous les ans plein de nouvelles joueuses. On est un groupe de filles inscrit dans un projet à long-terme. Avec moi il y a quatre autres françaises et nous avons toutes été super bien intégrées ! »

« Mais ce qui me fait peur, c’est que si on descend en D1, je ne sais pas si le club aura pour objectif de remonter tout de suite en DH. Et moi je ne peux pas me le permettre si je veux rester au plus haut niveau et avoir une chance d’aller aux Jeux Olympiques dans trois ans » nous confie-t-elle. Victoire aura alors à prendre une décision difficile et importante pour son avenir.

 

 

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« Participer aux JO : c’est un rêve ! »

La jeune hockeyeuse est appelée pour la première fois avec l’Équipe de France à l’âge de 15 ans. Elle jouera avec les moins de 16 ans, puis les moins de 18 ans et enfin les moins de 21 ans avant d’être sélectionnée pour la première fois en Équipe de France A en février 2019 : « J’étais aux anges quand je l’ai appris ! Porter ce maillot de l’Équipe de France c’est juste incroyable. » Prochain objectif : participer aux prochains Jeux Olympiques en 2024 qui auront lieu à Paris. Pour cela, grâce à leur statut de pays hôte, Victoire et ses coéquipières ont deux ans pour assurer une 25ème place de rang mondial afin d’y être. Actuellement 28ème, le prochain championnat d’Europe, à Prague en août, sera un vrai test.

Victoire Arnaud, amoureuse de son sport, souhaiterait, en plus de participer aux JO, que le hockey sur gazon ait un minimum de reconnaissance en France : « c’est un sport familial, avec des valeurs. De l’extérieur ça pourrait paraître compliqué à pratiquer mais on progresse très vite. Venez essayer, venez découvrir ce sport magnifique ! ».

 

Image à la une: Victoire Arnaud, Crédit photo: Caroline de Halleux

 

Lucas Jariais.

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