Camille Coeuru est de celles qui pratiquent le hockey. Connue pour sa rapidité et sa combativité, elle est agressive sur le palet. C’est pourtant sur le tard que Camille découvre le hockey féminin. A ces 15 ans, elle se rend, accompagnée de sa mère à la patinoire, la pratique lui plait, elle y retourne régulièrement. C’est là-bas qu’elle rencontre des hockeyeurs qui lui donne envie de se lancer. Camille Coeuru entre au pôle France de Chambéry à 17 ans. Des années plus tard, elle décide de prioriser sa vie professionnelle tout en gardant tout de même un rythme d’entrainement régulier.

Pourquoi exerces-tu, à côté du hockey, le métier d’enseignante en activités physiques adaptées ?

J’ai un travail qui me permet d’avoir de bons horaires. J’interviens dans des maisons de retraite auprès des personnes âgées. Je suis aussi régulièrement avec des personnes en situation de handicap. C’est naturellement que je me suis dirigée dans cette voie, après mes études de Staps. Il est important pour moi que tout le monde ait accès au sport. C’est une activité qui a énormément de bienfaits pour le corps et l’esprit. J’aimerais vraiment que la pratique du sport se démocratise davantage, et que le plus grand nombre puisse en bénéficier. Je suis aussi coach sportive, dans cette même ambition, faire pratiquer le sport à tous. Pendant le confinement, j’ai pu envoyer des programmes d’entrainement à mon entourage, notamment.

Depuis peu, Camille a décidé de mettre sur le bas-côté sa passion pour le hockey. Elle souhaite se construire une vie professionnelle stable. Camille Coeuru comptabilise plus de 40 sélections en équipe de France. « C’était une vraie fierté » nous confie-t-elle. Dorénavant, elle n’apporte plus de valeur ajoutée à l’équipe. Sa plus grande difficulté c’est sa vision du jeu, elle y travaille intensivement mais ne parviens pas à rattraper le retard qu’elle a accumulé en ne commençant le hockey qu’à 15 ans. « J’ai joué en équipe de France, dans une phase de ma vie au cours de laquelle j’ai bien progressé, en même temps, je partais de loin. Mais maintenant je suis consciente que je stagne. C’était une belle expérience »

Cette année tu jouais avec les Brûleuses de Loups, comment es-tu arrivée à Grenoble ?

Je suis allée à Grenoble puisque c’est un club de renom. Certes, chez les filles c’est plus discret, nous avons fini 4/5 au championnat mais c’est une équipe qui part vraiment de très loin. Je pense qu’il y a de bonnes années à venir pour les filles ! J’ai aussi joué avec les -17 ans mixte et les -20. Puisque nous pouvons jouer jusqu’en -17 toute notre carrière, peu importe notre âge. Avec cette équipe, nous avons été coupées dans notre élan par le Covid. Alors qu’on allait accéder au carré final, le virus a sifflé la fin de la saison.

La joueuse de 23 ans est frustrée. L’annulation de plusieurs tournois très attendus pour l’équipe Grenobloise fait chuter le moral des troupes. L’ambiance au sein des Brûleuses est pourtant réputée bien joyeuse. C’est sans doute ce qui manquera le plus aux joueuses, de ne pas pouvoir partager plus de bon temps ensemble.

A la saison prochaine Camille Coeuru a pris la décision de quitter le club de Grenoble. Elle rejoindra le Lyon Hockey Club pour retrouver ses meilleures amies. C’est à leurs côtés que Camille a commencé le hockey en pôle. Elle souhaite s’entretenir pour rester à un bon niveau mais elle n’a plus de gros projet sportif pour sa carrière d’hockeyeuse.

Bien que le confinement soit venu abréger la fin de saison de Camille et de son équipe de -17 ans, cette dernière a continué de s’entrainer dans son grand garage. La sportive s’est obligée à garder un rythme d’entrainement le plus normal possible. C’est-à-dire qu’elle faisait une séance de 16h à 18h-30. En revanche, la journée de Camille n’avait plus d’heures, elle se couchait tard et se levait en fin de matinée.

Penses-tu que le hockey féminin a du mal à se faire accepter dans le monde du sport ?

C’est une certitude, il y a beaucoup de préjugés sur le hockey féminin. On entend souvent qu’il n’y a que très peu de niveau. Je pense que le principal problème vient du fait qu’il n’y a qu’un seul championnat féminin. Il y a de tout, en championnat des débutantes et des joueuses de haut niveau de l’équipe de France se côtoient, c’est trop hétérogène. Il faudrait créer deux championnats afin que tout le monde soit à sa place et que ça soit plus agréable pour chacune d’entre nous. Le championnat de France est divisé en deux poules. La poule du Nord et celle du Sud, on se rejoint en carré final. Je pense qu’il faut aussi médiatiser plus le hockey féminin, nous avons besoin de reconnaissance. Nous sommes des sportives comme les autres qui aimeraient faire plaisir à plus d’amateurs de sports.

Juliette Courcoul

Photo à la Une: Camille Coeuru, Crédit Photo: Camille Coeuru

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