A 17 ans, Jade Valadon est un espoir du hand féminin de demain. Elle évolue depuis 3 ans au pôle du lycée Blaise Pascal à Segré. La saumuroise a commencé le handball en loisir alors qu’elle avait à peine 8 ans. Plus tard elle partira de Saumur pour Angers jusqu’à cette saison où la jeune femme est licenciée à Tours en N1 au poste d’arrière gauche.

C’est lors des sélections de comité, qui regroupent les meilleures joueuses du département, que le coach du pôle repère Jade. La jeune fille à 13 ans lorsqu’on lui évoque pour la première fois cette opportunité.  La bonne défense de la joueuse l’emmène vers des stages nationaux. Il faut dire que son grand gabarit lui permet de passer au-dessus de la défense. Jade a également eu l’occasion d’être sélectionnée en équipe de France. C’est avec ce groupe qu’elle participe aux championnats d’Europe de beach handball en Pologne. La compétition a été la conclusion d’un mois de stage avec 30 membres de l’équipe de France.

Qu’est-ce que t’apporte le pôle handball de Segré ?

Je suis à 1h30 de route de chez moi, comme j’habite à Saumur. Quand je suis arrivée je ne connaissais aucune autre fille. J’étais la seule joueuse du Maine et Loire. Au début, j’avais forcément des appréhensions, partir de chez ses parents, si jeune, ça peut être compliqué. Mais avec le recul, c’est vraiment ce que je voulais !

Avec le temps, ça nous apporte de la sagesse et du recul sur les différentes situations qu’on peut rencontrer. Comme nous sommes loin de nos familles, on est obligé de devenir autonome. On en sort plus grands. Nous sommes plus murs, que ceux qui habitent toujours chez leurs parents.

Le Pôle m’a beaucoup apporté, ça m’a permis de vivre des expériences incroyables ! En n’étant pas au pôle je n’aurai jamais pu jouer en N1 à Tours ni autant de participation à de gros événements. On est très suivi, nos coachs font des appels à des clubs. On a aussi des compétitions qui nous donnent de la visibilité. Il y a souvent des recruteurs sur le bord du terrain. Cela nous met de la pression de savoir qu’on nous regarde, mais il faut apprendre à la gérer. On a une semaine de grosse compétition au mois de février, c’est les inter-pôles. Celle qui regroupe les 14 pôles de France avec la Réunion et les Antilles Guyane. Il y a beaucoup de recruteurs de clubs et d’entraineurs de centre de formations qui viennent repérer les grands joueurs de demain.

Jade nous explique que la politique du pôle c’est de se concentrer sur ses points faibles pour optimiser le plus la performance. C’est un aspect des entraînements qu’apprécie particulièrement la handballeuse. Elle aussi est toujours à la recherche de progression, elle souhaite au plus vite améliorer sa vision du jeu, mais surtout ses débordements. Du fait de sa grande taille, elle est moins à l’aise avec ses jambes.

Le rythme que les joueuses ont au pôle est soutenu. Elles ont entraînements tous les soirs de 17h30 à 19h après leur journée de cours. Et deux entraînements de musculation par semaine, se rajoutent sur le temps du midi. Il faut être un sacré bout en train pour tenir la cadence. Jade connait ses faiblesses, elle est plus investie dans le hand que dans ses cours. Mais au pôle, même si les joueuses ont des difficultés on les pousse à s’accrocher. L’équipe enseignante encourage Jade à se donner les moyens de réussir aussi scolairement.

« Le pôle hand ce n’est pas juste du sport, l’équipe éducative veille sur notre scolarité. Le hand ça me pousse à pas lâcher à l’école. »

Après le lycée j’aimerais intégrer un centre de formation, mais niveau étude je suis un peu perdue pour le moment.

Jade a vécu son confinement avec sa famille à Saumur, loin de ses coéquipières du pôle. C’est ce qui a chamboulé la motivation de la jeune femme, se retrouver seule à s’entrainer du jour au lendemain. Mais pour Jade, de nature très active, il a fallu vite retrouver un rythme d’entrainement régulier. « C’était compliqué d’avoir de longues journées sans rien faire quand on est habitué à des journées à 100 à l’heure. » nous explique Jade. Elle a fait principalement du renforcement musculaire, c’est le point positif qu’elle ressort de cette période difficile. Jade veut revenir en forme le plus vite possible, c’est le cardio qui lui fait un peu plus peur. Mais les coachs du pôle ont veillé au grain, Jade est donc relativement confiante.

L’internat de Segré n’a pas pu rouvrir, donc Jade ne peut toujours pas retourner en cours. Elle ne s’entraine pas non plus avec son club de Tours. La joueuse commence à s’impatienter, il lui tarde de retrouver le collectif, la base du sport qu’elle pratique. « Il faut se dire que si on s’entraine maintenant c’est pour des résultats dans les mois à venir. Cependant, ça reste frustrant de ne pas vraiment faire du hand »

Lorsqu’on demande à Jade Valadon où est ce qu’elle s’imagine dans 7-8 ans. Elle nous confie avoir de grandes ambitions ! Elle voit le pôle comme un tremplin, Jade veut acquérir de la visibilité pendant ses années lycée à Segré pour signer un contrat pro à sa sortie. A l’avenir, Jade veut faire de sa passion, son métier. Elle rêve de jouer dans les plus grandes équipes et de voir jusqu’où cela peut la mener. Elle continuera de se donner les moyens de réussir et ne s’imagine pour le moment, pas ailleurs que sur un terrain.

Juliette Courcoul

Photo à la Une: Jade Valadon, Crédit photo: Jade Valadon 

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