Alors que pour la plupart des sportifs le confinement a rimé avec retrouvailles en famille, Lorette Charpy, gymnaste du groupe France, a dû quitter les siens pour rester focus sur TOKYO 2021. C’est dans un grand gite en Campagne qu’elle a pu continuer à s’entrainer entourée de Mélanie Dos Santos, Alizée Letrange Mouakit et Aline Friess. Ces quatre coéquipières du pôle France de Saint Etienne ont aménagé des granges en salles d’entraînement, à l’aide de poutres et de barres.

Dans la famille de Lorette, la gym c’est la grande histoire de famille. Elle débute la baby gym juste après avoir appris à marcher à l’âge d’un an et demi. L’espoir féminin rejoint ses deux sœurs au pôle France et intègre l’équipe de France en 2012. Du haut de son mètre 61, Lorette est une jeune femme pleine de caractère, elle a déjà participé à 3 championnats d’Europe, aux jeux Européens et à 3 championnats du monde. La gymnaste compte aussi 3 médailles européennes. Un palmarès impressionnant, auquel l’on rajoute la 5ème place par équipe aux derniers mondiaux. 

Le 15 août 2018, Lorette connait un grave accident à l’entraînement. Elle se retrouve à l’hôpital entièrement défigurée. Mais la jeune sportive à un gros mental, elle retourne à l’entraînement plus déterminée que jamais. Pour elle, c’est la base de l’esprit de compétition.

« Je ne suis pas encore assez explosive, j’y travaille. J’ai déjà bien bossé la souplesse et maintenant je suis bien souple. J’aimerai vraiment développer mon explosivité. »

Lorette nous confie admirer le style Russe, elle est intéressée par certains univers. Mais elle apprécie aussi en particulier Aliya Mustafina, Viktoria Komova ou encore l’américaine Aly Raisman même si elle ne concourt plus.

En parallèle de sa carrière sportive, Lorette Charpy met un point d’honneur à suivre une scolarité la plus normale possible. Elle est en deuxième année de licence de Staps. Elle a pris la décision pour ses études supérieures d’étudier à distance afin de suivre ses entraînements. « Les partiels ne sont pas uniquement en milieu et fin d’année. Je suis évaluée en permanence, donc dans certaines matières je suis en première année et à d’autres où j’ai déjà fini ma deuxième année. Ce n’est pas régulier mais ça me permet d’assurer un autre recours que la gymnastique ».

View this post on Instagram

Miss my love a little extra today

A post shared by Lorette Charpy (@lorette_charpy) on

Le confinement a permis à Lorette de prendre du temps pour travailler entre deux entraînements. Elle faisait un entraînement le matin après ses premiers cours puis une deuxième séance en début d’après-midi. « On faisait du sprint sur une côte tout près du gîte ».  C’est ce second temps qui lui a permis de travailler ses points faibles, ses jambes et son explosivité. Cette progression, c’est aussi ce que retient Lorette, lorsqu’on lui demande un point positif du confinement.

Finalement, je me rends compte que j’ai plutôt bien vécu cette période. Mais il y a eu deux moments difficiles, l’annulation des championnats d’Europe (qui devait se dérouler du 30 avril au 3 mai) et le report des Jeux Olympiques. Et puis quand on nous a annoncé un mois supplémentaire de confinement, j’ai pris un petit coup au moral, même si on s’y attendait. Et puis ça m’a aussi fait un bon bout de temps éloigné de ma famille.

On n’a pas pu voir nos entraîneurs mais nous étions constamment en contact, pour les visios et pour nous donner les programmes d’entraînement.

Dans quel état d’esprit te trouves-tu actuellement par rapport aux reports des Jeux Olympiques et des championnats d’Europe ?

Ce qui a été dur c’est que le test des championnats d’Europe était à Saint-Etienne, les championnats d’Europe à Paris et les championnats de France à Lyon, donc c’était à proximité. Je n’ai jamais eu de compétition aussi près, donc c’est pour ça aussi que j’ai été très déçue. Ça a été compliqué à digérer.

View this post on Instagram

FoCuS #tokyo

A post shared by Lorette Charpy (@lorette_charpy) on

Pour le report des jeux, au début je n’y croyais pas et puis plus je voyais comment ça se passait autour de moi plus je me disais que c’était mieux pour tout le monde, de prendre cette décision. Ça me laisse aussi un an supplémentaire pour arriver à fond le Jour-J.

Il va falloir recommencer une préparation. Nous en avions commencé une avant les championnats du monde (du 4 au 13 octobre 2019). Et là on doit en reprendre une, du début, c’est un an de plus. Mais finalement ça va nous permettre de reprendre ce qui n’a pas été dans la première préparation.

Lorette semble finalement prendre beaucoup de recul sur la situation. Elle conçoit ce bouleversement avec philosophie, c’est une nouvelle chance pour elle.

« Le calendrier est flou, nous avons les jeux en ligne de mire. Mais il faut rester motivée parce qu’à long terme l’objectif principal ne bougera pas, les jeux.

De faire les jeux c’est l’objectif principal, en équipe on aimerait faire une médaille. Et je souhaite acquérir de l’expérience en individuel mais aussi je veux montrer de quoi je suis capable. J’ai hâte. »

Juliette Courcoul

Photo à la Une: Lorette Charpy, Crédit-Photo : Lorette Charpy

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici