Laëtitia est la seule femme du Nice Golf Club. C’est l’unique Club de FootGolf de la Côte d’Azur. Le Foot Golf est un sport né en 2009 aux Pays-Bas et est apparu en 2013 en France. C’est un principe simple, un mix entre football et golf. Ce sont les mêmes règles qu’au golf mais avec un jeu de ballon au pied. Le langage est lui aussi similaire entre les deux sports, on parle de green par exemple. Le parcours sur lequel évoluent les joueurs de FootGolf compte 18 trous. Il y a peu d’amatrices de FootGolf en France mais c’est un sport prometteur qu’apprécient quelques milliers de femmes dans le monde.

Pourquoi s’être penchée sur ce sport quasiment méconnu Laëtitia ?

Je joue au foot depuis que je suis petite, j’ai joué pendant au moins 20 ans en loisir et j’ai arrêté en juin 2018. Et j’ai commencé le Foot Golf en janvier 2019.

Je suis tombée sur un reportage qui parlait de FootGolf sur une chaine sportive, j’ai tout de suite accroché au principe. Le soir même j’ai recherché par le biais des réseaux sociaux s’il y avait un club près de chez moi, j’ai trouvé le club de Nice Footgolf et je leur ai envoyé un message. J’ai fait une initiation deux mois plus tard et j’ai vraiment apprécié et j’ai pris une licence sur le champ ! Dans mon club nous sommes une vingtaine de licenciés et je suis pour l’instant la seule femme.

Laëtitia Caudron a 36 ans, elle souhaite commencer sa première saison en mode découverte. Elle ne fait que 6 dates sur les 34 ou 26 dates que comptent le championnat de France. Elle termine pourtant 3ème du championnat de France en 2019. C’est une carrière qui a démarré sur les « chapeaux de roues » nous dit-elle. Lors de sa deuxième compétition, sous un temps exécrable, Laëtitia parvient à se classer 2ème le samedi, et le dimanche matin, elle rattrape la 1ère au classement. Celle-ci n’est autre que la 4ème joueuse au classement mondial.

« Nous étions arrivées à égalité, nous avons donc dû faire un play-off. Nous nous sommes départagées sur un trou, c’était une superbe expérience, car en plus lors des play-offs, tous les joueurs qui ont fini leur compétition viennent nous encourager autour du trou. »

Ces premiers bons résultats l’encouragent à se donner les moyens, financiers surtout, de participer à plus d’étapes.

Le FootGolf est un sport encore nouveau pour beaucoup. Il n’est absolument pas médiatisé et le manque de moyens se fait ressentir dans la carrière de Laëtitia Caudron. Il n’y a pas encore de fédération française de footgolf mais une association France FootballGolf.

« Par exemple, par rapport au foot, on va payer une licence pour l’année et après nous allons pouvoir jouer toute l’année, et là le footgolf comme ça vient du golf, on paye notre licence, la tenue mais il faut aussi rajouter le déplacement plus l’inscription.

C’est pour cela que l’association France propose des packs, par exemple le pack que j’ai, coûte 690 euros, avec celui-ci je peux faire 10 dates en France et un Grand Tournoi que l’on a aussi en France.

Sans ce principe, l’inscription coûte entre 80 et 120euros. Il faut rajouter à cela les frais de déplacement et de logement. Sachant qu’à Nice nous sommes un peu à l’écart des régions dans lesquelles se déroulent les compétitions, elles sont plutôt concentrées dans le centre de la France. »

La ville de Nice est relativement éloignée des sites sur lesquels se déroulent les compétitions. Les plus proches se trouvent à Valence, Toulouse ou encore Mâcon. La longueur des déplacements freine la carrière de la sportive, qui vit actuellement à Carros. Mais elle reste motivée à gagner des points lors des manches auxquelles elle participe.

« Plus je fais de déplacements, plus je fais de compet donc plus j’ai de chance de me classer en tête de tableau ».

Crédit-Photo : Laëtitia Caudron

L’ancienne numéro 10, quand elle jouait au foot, a mis de côté son plaisir de distribuer le jeu pour se concentrer sur ses qualitatifs coups de pied arrêtés. « Quelquefois pendant les compétitions de FootGolf je me parle à moi-même, « centre vers là-bas ! » ou encore « petite passe en profondeur » J’arrive à rester focus comme ça ! »

La concentration est d’après Laëtitia la clef de la réussite, elle peine elle-même parfois à rester focus pendant 18 trous.

« Parce que parfois on va être concentrée pendant 6 trous, on va être bien et il suffit d’un trou manqué pour que l’on lâche prise. Et c’est dans cette situation là que nos points vont dégringoler.

L’année dernière ça m’est arrivé à une compet, je me disais que c’était fini et puis j’ai lâché les derniers trous alors que finalement j’aurais pu être bien classée.

Depuis le début de la saison, je suis relativement régulière sur ce point. Je sens que je progresse.

Le mental est très important lui aussi, tant que tous les trous ne sont pas finis, rien n’est joué, un trou peut être décisif dans un sens comme dans l’autre.

Quand on arrive du foot c’est notre plus grande difficulté, avant on perdait et gagnait ensemble, maintenant il faut arriver à tout gérer toute seule. J’ai dû apprendre à prendre sur moi pour rester focus sur la compétition. »

La plupart des joueurs de footgolf s’y mettent à la fin de leur carrière footballistique, à l’arrivée de leurs 30 ans. Mais il y a aussi quelques golfeurs, bien que le chemin inverse soit plus courant.

« Je pense que le FootGolf peut être un bon complément lorsqu’on pratique le football. J’ai appris depuis que j’ai commencé à me servir de tout mon pied, chose qu’on a parfois tendance à négliger au foot. De plus, on est dans un cadre idyllique, on est sur des parcours de golf. D’ailleurs, pour la distanciation sociale il n’y a pas de soucis, on est à l’air libre. Je ne considère même pas ça comme un sport c’est un réel loisir. »

Le manque de sponsors limite aussi l’expansion du Footgolf. Alors que plusieurs anciens grands joueurs du football français jouent les ambassadeurs sur les compétitions garçons, à l’image de Jean-Pierre Papin, Sylvain Wiltord ou encore Robert Pirès. Il n’y a toujours pas de femme pour accorder davantage de visibilité au volet Féminin du FootGolf. « On relativise comme on peut, déjà que le football féminin a du mal à se développer alors le footgolf ce n’est pas pour tout de suite ». Laëtitia affirme tout de même apprécier d’avoir de grands noms à ses côtés lors des compétitions comme l’ancien joueur des Girondins de Bordeaux, Camel Meriem.

Comment s’est déroulé le début de ta saison de FootGolf ?

La saison de FootGolf se joue en décalée de celle du foot, on commence en mars et l’on finit en novembre. Cette année elle a donc été réduite à deux dates début mars pour le moment, Paris et Marseille. Nous devons reprendre fin Juin à Paris, nous venons d’avoir la confirmation, c’est la plus grosse étape de la saison qui est prévue là-bas. C’est un major un peu comme au tennis ! Cette étape est importante car elle compte pour 1000 points et tous les plus grands joueurs internationaux seront au RDV.

La Footgolfeuse de Nice s’est vu attribuer un repos forcé pendant la crise sanitaire. Elle a un petit jardin et « pas de trous » comme elle nous a dit en riant. Elle n’a pu travailler que sa condition physique pendant ces deux mois.

Le championnat du monde au Japon qui devait avoir lieu en octobre 2020 est reporté à l’année prochaine. Laëtitia se réjouit du temps qu’il va lui rester pour progresser. La joueuse française espère aussi rentrer au plus vite en équipe de France. « La France est championne du monde en titre, alors ça motive ! Et puis je suis une sportive ambitieuse. »

Juliette Courcoul

Photo à la Une: Laëtitia Caudron, Crédit-Photo : Laëtitia Caudron

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