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FOOTBALL: Pourquoi sépare-t-on les filles des garçons à l’âge de 15 ans dans le foot en France ?

Quand Pauline a commencé à taper dans le ballon à 6 ans, c’était avec les garçons. Tout se passait bien jusqu’à ce que certains commencent à lui faire comprendre que ‘’ça allait peut-être poser un problème un jour’’.

 ‘’Je n’osais même pas penser que j’allais devoir arrêter’’, explique l’étudiante âgée aujourd’hui de 21 ans.

L’actuelle joueuse de l’équipe féminine du FC Gobelins (Paris 13e) aurait pu se retrouver sur la touche à l’époque, parce que la fédération française de football n’autorise les filles et les garçons à jouer ensemble que jusqu’à l’âge de 15 ans, voire 16 ‘’dans certains cas exceptionnels’’.

Et c’est pour tout le monde pareil : par exemple, Gaëtane Thiney, joueuse de l’équipe de France qui participe actuellement au mondial féminin 2019, a été contrainte de dire au revoir à ses copains de l’ASS Brienne-le-Château (Aube) à l’adolescence.

Même chose pour l’actuelle capitaine des Bleues Amandine Henry : après une saison de rab avec les garçons de l’Iris Lambersart (Nord), le milieu de terrain a bel et bien dû rejoindre la section féminine du voisin Hénin-Beaumont (Pas de Calais) l’année suivante.

Principale cause, les différences athlétiques.

Cette règle de la ‘’mixité’’ qui figure dans l’article 155 des règlements généraux de la FFF, s’appuie essentiellement sur des critères physiques. En effet, à partir de cet âge, les différences athlétiques entre les filles et les garçons sont trop marquées. C’est ce que nous explique Lucien, ancien entraîneur de l’équipe féminine du Paris Université Club (PUC).

‘’Dans le football, les différences dans la vitesse de course et la puissance de frappe commencent à être visibles à cet âge’’.

Quelles différences avec les États-Unis ?

Si la popularité du football féminin a explosé aux États-Unis, c’est du fait de la victoire, en 1999, en finale de la Coupe du monde. Mais aussi grâce à une loi.

Du jour au lendemain, les joueuses sont devenues des stars et la popularité du football féminin a explosé aux États-Unis. Ce n’était pourtant pas leur premier exploit : les Américaines avaient déjà remporté la Coupe du monde en 1991.

Pourquoi un tel succès ? La raison en est une loi, votée en 1972, baptisée Title IX qui interdit la discrimination sur la base du sexe dans les programmes éducatifs financés par l’État fédéral. Cela a eu un énorme impact sur le sport américain. Jusque-là, les facs comptaient bien plus d’équipes masculines, notamment de football américain, que de féminines. Et les étudiants avaient donc plus de chances d’obtenir une bourse sportive. Title IX oblige d’un coup les universités à offrir le même nombre de bourses et les mêmes avantages aux athlètes femmes. Ce qui crée un dilemme pour obtenir la parité.

Le football américain est l’un des sports qui rapportent le plus et recrute beaucoup d’athlètes. Or il n’y a pas d’équivalent féminin. Et les autres disciplines comme le volley ou le basket sont composées d’équipes plus petites. Les universités mettent donc le paquet sur le foot (soccer) féminin, qui a l’avantage d’engager beaucoup de joueuses et coûte peu cher en termes d’infrastructures. Dans le même temps, les parents toujours à l’affût de moyens d’obtenir des bourses universitaires, se mettent à pousser leurs filles à s’enrôler dans ce sport.

Ralph Sammouri

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