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FOOTBALL GAÉLIQUE Élodie Hundsbichler « C’est vraiment un sport génial »

Le football gaélique, sport encore inconnu en France, est un pur mélange entre le football et le rugby, mais pas seulement. Né vers les années 1880 en Irlande, le football gaélique arrive seulement en France dans les années 1990 grâce à des communautés irlandaises vivant ici. Afin de découvrir au mieux ce sport intriguant, quoi de mieux que de rencontrer une joueuse et présidente du club de football gaélique d’Angers : Élodie Hundsbichler.

 

Les bases du football gaélique

Ce qu’il faut savoir, pour commencer, c’est qu’il existe des différences entre le football gaélique irlandais et français. En Irlande, 15 joueurs dans chaque équipe s’affrontent sur un terrain de dimensions importantes alors qu’en France, par manque de terrains de même taille, on joue à 11 contre 11. Avec des formats de tournois sur une journée où plusieurs équipes s’opposent, les matchs durent 25 minutes. Au niveau du ballon, il est de forme ronde mais avec un poids plus lourd que celui de football. Il a également « des coutures bien marquées sur l’extérieur, on retrouve le format des ballons de football d’il y a plusieurs dizaines d’années » nous décrit Élodie. Pour gagner un match, il faut marquer des buts. Et pour marquer des buts, deux manières possibles : dans le but protégé par un gardien, cela vaut trois points, ou entre les poteaux de type rugby qui correspond à un point.

 

Les règles spécifiques

Parlons maintenant plus précisément des règles. Au niveau des contacts, les tacles ainsi que les mêlées sont interdits ; seuls les contacts à l’épaule sont autorisés. Dans chaque match, chaque joueur est en duel avec un joueur adverse et ne doit pas le lâcher, c’est ce qu’on appelle le marquage à la culotte : « si notre joueur décide de traverser tout le terrain, eh bien on court avec lui » nous explique Élodie.

La contrainte majeure du football gaélique selon elle, c’est la règle des 4. Afin que le jeu garde un bon rythme, toutes les quatre secondes ou les quatre pas, le joueur qui a le ballon doit réaliser soit une passe, soit un geste technique individuel. Il en existe deux types : le bounce et le solo. Le bounce est l’équivalent de la reprise au basket ou au handball ; c’est-à-dire de faire rebondir le ballon par terre. Cependant, un joueur qui réalise un bounce ne peut pas le refaire plusieurs fois de suite. Le solo lui, signifie se faire soi-même une passe avec le pied. Cette règle des 4 permet tout simplement de dynamiser le jeu. Pour progresser et gagner du terrain, la passe est alors essentielle. Elle peut se faire au pied ou à la main. Cette dernière est, selon Élodie, « une clé maitresse du jeu ». C’est bien d’attaquer avec le ballon, mais comment fait-on pour le récupérer ? Un joueur peut intercepter le ballon lorsque son adversaire réalise un geste technique individuel ou peut le « ceinturer » et si l’adversaire garde trop longtemps le ballon contre soi, l’arbitre siffle une faute : « au football gaélique, il y a un arbitrage qui est très stricte pour que le jeu soit le plus dynamique possible ».

 

L’Anjou Gaels

Après avoir déterminé les règles essentielles au football gaélique, attardons-nous sur le club d’Élodie Hundsbichler : Angers Gaelic Football Club surnommé l’Anjou Gaels. Fondé récemment en 2015, « ce sont deux irlandaises vivant à Angers, avec une personne en plus, qui ont été à l’initiative de la création du club » explique Élodie. En développement progressif, l’Anjou Gaels compte aujourd’hui une quinzaine de joueurs et cinq/six joueuses : « On n’a pas une équipe féminine complète, c’est pour cela qu’on fait une entente avec celle de Niort ». Élodie est la présidente du club depuis 2019 et énonce plusieurs objectifs pour l’avenir : « On aimerait bien accueillir une finale de championnat de France dans les années à venir puisque la ville d’Angers a les équipements pour le faire ». Au niveau de l’équipe masculine, après une finale perdue en 2019 lors du championnat de France de division 3, elle pourrait remporter ce championnat prochainement, selon la présidente du club. Elle souhaiterait également que cette équipe masculine soit plus régulière en termes de résultats et qu’elle puisse s’installer en division 2. Pour l’équipe féminine, dont elle fait partie, son premier vœu serait d’avoir une équipe complète afin « d’afficher vraiment les couleurs d’Angers ».

Anjou Gaels, Crédit-photo : Déborah Anne

« Je ne connaissais pas du tout le football gaélique »

Arrivée sur Angers, il y a cinq ans, pour raisons professionnelles, Élodie rencontre la présidente d’Anjou Gaels lors d’un événement de présentation des sports angevins : « ce qui m’a plu, c’est cette convivialité que j’ai ressenti mais également ce format de compétition occasionnel que je souhaitais ». Après plusieurs entraînements, Élodie est séduite par le football gaélique : « le fait d’apprendre un nouveau sport c’était un bon challenge. J’aime bien le rythme de jeu très cardio qu’il y a. Les valeurs du football gaélique et de l’Irlande m’ont beaucoup plu également : la convivialité, le sacrifice sur le terrain et le bon esprit ».

Tout juste un an après ses débuts dans le football gaélique, l’angevine est déjà sélectionnée en Équipe de France pour un match en Galice, en Espagne. Elle effectuera son deuxième match officiel en 2018 en Belgique. « Nous ne sommes pas très nombreuses mais le niveau est plutôt bon. L’Équipe de France féminine ne cesse de progresser » déclare-t-elle.

 

Un sport en évolution

Le football gaélique est un sport récent qui progresse d’années en années. Une fédération française est en place depuis 2004. Cependant, il n’y a pas de « reconnaissance administrative officielle comme pour les sports plus classiques mais c’est en cours d’évolution » déclare Élodie.

Mais pourquoi le football gaélique est-il nettement plus reconnu en Irlande qu’en France ? D’après l’angevine, « c’est surtout une question d’éducation et de culture. En Irlande, la tradition veut que chaque enfant pratique le football gaélique dans son comté (département) de naissance. Il peut aller vivre ailleurs mais s’il veut le pratiquer au haut niveau, il sera forcément rattaché à son comté de naissance. C’est donc ce côté traditionnel et de ferveur locale qui a su développer ce sport là-bas. En Irlande, le football gaélique est même plus pratiqué que le rugby ou le football. Mais ce sont tout de même tous des amateurs, ce n’est pas encore professionnel ».

Terminons cette découverte du football gaélique par ces quelques mots d’Élodie qui vous donneront envie d’essayer : « C’est un sport génial qui est accessible à tous, que vous soyez plus ou moins sportifs, et j’insiste sur cela. On progresse aussi très vite. Pour finir, notamment à Angers, on s’attache à ce qu’on prenne du plaisir sur le terrain mais également en dehors ».

 

Photo à la une: Élodie Hundsbichler , Crédit-photo : Déborah Anne

 

Lucas Jariais.

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