Anita Blaze fait partie des sportifs qui ont participé aux Jeux Militaires de Wuhan en octobre dernier, un mois seulement avant la découverte des premiers cas de Coronavirus dans la ville chinoise. La fleurettiste guadeloupéenne de 28 ans n’était pas inquiète après son voyage, puisqu’elle a rejoint son île au tout début de l’épidémie. La Guadeloupe est l’un des territoires d’outre-mer les moins touchés par le virus.

Anita commence l’escrime à l’âge de 7 ans. Aux Antilles, tous les jeunes commencent par le fleuret. Ce que la jeune femme apprécie dans la discipline, c’est la technique et la place prépondérante qu’occupe le juge. Il prend des décisions contrairement aux autres disciplines de l’escrime. L’épée s’est plutôt développée sur le tas, Anita Blaze a aussi gagné des compétitions dans cet art. Cependant, elle n’a jamais assez accroché pour en faire son métier.

Anita préparait les Jeux de Tokyo lorsqu’elle a appris son report. Elle qui a été vice-championne du monde par équipe ainsi que vice-championne d’Europe et qui a fini 4ème aux derniers jeux toujours par équipe, était plus que jamais fixée sur Tokyo.

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« Au début l’annonce du report a été difficile, même si je m’étais préparée à ça. Après j’ai beaucoup relativisé, la santé avant tout. Il vaut mieux un report que des Jeux bâclés ! »

La saison d’épée s’est stoppée alors que devait avoir lieu la dernière étape de la coupe du monde à Los Angeles, de surcroît sélective. L’évènement a dû être annulé puisque les Italiens et les Russes ne pouvaient pas venir.

« A la lancée du confinement je suis rentrée sur mon île. J’ai passé tout mon confinement en Guadeloupe. J’étais entourée de ma famille et de mes amis. J’ai eu la chance que personne de mon entourage ne soit touché par le virus. J’ai pu apprendre à mieux me connaître et ça m’a permis de prendre le temps de retourner aux bases. Normalement, je ne peux pas passer beaucoup de temps avec ma famille, je ne fais une pause que d’un mois et donc là je profite. Ça fait trois mois que je suis aux Antilles ! »

Le contenu de vos entraînements a-t-il été bouleversé par la période de confinement ?

Bien sûr, ce que je faisais c’étaient plus des entrainements pour garder la forme, cardio, gainage et renforcement musculaire. Je ne faisais pas de technique et j’en fais toujours très peu d’ailleurs.

J’ai continué à m’entraîner, je recevais mon programme toutes les semaines par mes préparateurs de l’INSEP dont Enguerrand Aucher. J’étais toujours en lien avec mes entraineurs pour qu’ils sachent ce que je fais et comment je me sens. Ils ont vraiment été à l’écoute, c’était super !

Les entraînements et l’adrénaline des compétitions m’ont beaucoup manqué. Il me tarde aussi de retrouver le collectif et la rigueur des entraînements.

Anita a des difficultés à rester concentrée lors des assauts. Elle travaille intensément avec sa préparatrice mentale pour surmonter cet obstacle. Cette « pause forcée » a été une perte de temps dans ce parcours.

« Tout le travail que je dois faire en amont des assauts m’a manqué. C’est comme si on repartait de zéro. Je recommence tout juste à reprendre des leçons avec mon maître d’armes Barbara Paulin. C’est elle qui m’a amenée au haut niveau. Mais je ne sais pas quand nous allons pouvoir reprendre les assauts. Dès que j’ai l’autorisation, je rentre à l’Insep. Il n’y a aucune visibilité sur la suite. »

Quelle est votre plus grande fierté sportive ?

Sans aucun doute, les championnats du monde de Budapest en 2013, c’était ma première grosse médaille en senior. Nous finissions deuxième. Ysaora Thibus et moi, on découvrait, nous étions les plus jeunes du groupe. C’était une grande expérience. On était accompagnées d’Astrid Guyart et de Corinne Maitre Jean. C’était comme des mamans pour nous, c’est là que j’ai réalisé que j’avais le potentiel pour être comme elles ! Ça m’a poussée parce qu’à l’entraînement parfois c’était dur. Au début, je n’avais pas confiance en moi et je n’avais pas non plus conscience que j’avais des capacités. Je sais maintenant ce que je veux, ça se ressent sur les matchs par équipes, mes résultats en individuel sont eux aussi nettement meilleurs.

Anita Blaze garde Tokyo en ligne de mire, c’est l’objectif de sa vie. Elle a en tête de ramener une médaille sur son île. Mais Anita ne cache pas son envie de réussir deux podiums sur les prochains Jeux Olympiques. Cette grande étape lui permet de garder la motivation dans un moment creux de sa carrière. Son souhait à court terme c’est de retrouver les couloirs de l’Insep pour revenir à son niveau le plus rapidement possible.

Juliette Courcoul

Photo à la Une: Anita Blaze, Crédit Photo: Anita Blaze

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