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ENQUÊTE 4/4 : Katell Alençon (paracyclisme) : « Je n’ai jamais été mal jugée parce que je suis une femme ! »

Suite à sa dernière course internationale à Bilbao, Katell Alençon continue sa préparation en vue des prochains Jeux Paralympiques de Tokyo. À 34 ans la paracycliste est toujours à la recherche de défis, une force de caractère et un exemple pour toutes les sportives avec qui nous avons pu échanger autour de la question du sexisme.

 

À la suite d’une mauvaise entorse à la cheville, en 2011 Katell Alençon décide de se faire amputer au niveau du tibia de la jambe droite. Pourtant ce n’est pas ce qui l’empêche d’arrêter sa passion pour le vélo, bien au contraire : « reprendre le sport était une évidence pour moi » nous explique-t-elle.
Une passion qu’elle tient d’ailleurs de ses origines et de sa famille depuis l’enfance mais qui ne l’a jamais lâché : « Ce sport je l’ai démarré très jeune au départ pour faire comme mes grands frères et très vite c’est devenu une passion ! De plus je suis bretonne terre de cycliste ».


Persévérante, résiliente et têtue, la Drennecoise est revenue dans la compétition en tant que paracycliste depuis maintenant 8 ans et roule pour l’équipe Cofidis. En 2016 elle va même jusqu’à intégrer l’équipe de France paralympique pour les Jeux de Rio où elle décroche notamment la 9ème place au contre-la-montre.
Une volonté qui lui vient du cyclisme et qui grâce à sa discipline fait de la différence de Katell Alençon une force puisque remonter sur un vélo pour la sportive, c’est avant tout pour « le dépassement de soi » nous explique-t-elle avec engagement mais également pour le bonheur et la liberté.

 

Katell Alençon ; crédit photo : Katell Alençon

 

Jugée comme une sportive et non pour son genre ou son handicap

À l’image des Jeux Paralympiques de Rio, de ses deux victoires au classement de la Coupe du monde de paracyclisme ou encore de son entrée chez Cofidis, Katell Alençon garde de beaux moments en tête.
Des souvenirs pour lesquels elle a pu évoluer dans un environnement égalitaire sans se soucier d’être une sportive : « je n’ai jamais été mal jugée parce que je suis une femme ! J’ai toujours été dans des milieux très masculins ça ne m’a jamais posé de problèmes » ou bien d’avoir un handicap comme elle nous le rapporte :« le paracyclisme c’est exactement la même chose avec des personnes un peu différentes ».

 

 

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L’éducation du public par la médiatisation

Une tolérance mise en avant par la sportive qui même en restant épargnée par le sexisme nous fait part d’un point important pour lutter contre le sexisme.

Pour Katell Alençon, la médiatisation reste l’un des moyens les plus efficaces pour mettre en avant sa discipline et plus généralement le handisport et le sport féminin pour ainsi lutter contre les clichés. Une double cause pour laquelle elle nous rappelle qu’il y a encore beaucoup à faire : « je suis une fille mais en plus handisport ! La médiation dans le handisport est très limitée ! Ça avance dans le bon sens mais ce n’est pas encore ça ».
Une manière aussi de susciter la curiosité du public pour le faire découvrir de tous et mettre en avant les sportives qui le pratiquent : « il faut que les gens s’y intéressent ! Il faut pour cela que ce soit intéressant à regarder qu’il y ait de la médiatisation ».

Le vélo, une « très belle aventure » donc que conseille Katell Alençon aux plus jeunes sportives désireuses de se lancer, avant d’entamer les Jeux Paralympiques de Tokyo dès le mois d’août. La cycliste qui nous partage tout autant son impatience et sa très grande forme qu’elle ne garde qu’une seule chose en tête à cette occasion : « pouvoir en découdre » !

Maxime Laclau.

 

 

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