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ENQUÊTE 3/4 : Amel Melih (natation) : « À l’entrainement on ne me considère pas comme une femme mais comme une sportive et une nageuse »

Née à Lyon et d’origine algérienne, Amel Melih vient de décrocher son ticket pour les JO de Tokyo. Un nouveau challenge de taille pour la sportive internationale de 27 ans dans son domaine de prédilection : la natation, qui pour l’occasion revient avec nous sur la question du sexisme dans le sport.

 

Tout est parti à l’âge de 4 ans où Amel Melih commence la natation simplement dans le but d’apprendre à nager, mais ce qui n’était pas une passion au départ pour la sportive en est finalement devenue une : « J’ai toujours rêvé de faire les Jeux Olympiques et de représenter l’Algérie. J’ai cru en mes rêves et je me suis battue pour réussir. Au fil des années et à force de m’entraîner, j’ai progressé et j’ai appris à aimer ce sport, aujourd’hui c’est une véritable passion ! ».

Triple championne d’Afrique et élue meilleure sportive algérienne de l’année en 2016, le palmarès se construit en famille chez les Melih. Entraînée par son frère Selim dans le club lyonnais du SAL Saint-Priest, elle doit jongler entre natation et cours en droit notarial à l’Université Lyon 3.

Mais face à cet emploi du temps chargé, la nageuse n’oublie pas pour autant ce que lui procure la natation : « j’aime beaucoup cet élément, notamment les sensations de glisse et de légèreté dans l’eau. La natation m’apporte énormément de bien-être et de sérénité. Et surtout, j’adore les entrainements, me donner à fond, me dépasser chaque jour, repousser mes limites, c’est quelque chose que j’aime profondément ».
Un train de vie dans lequel elle baigne tout autant pour performer qu’il est éloigné des clichés sexistes que l’on peut retrouver dans certains sports.

Amel Melih ; crédit photo : Amel Melih


Un environnement tolérant et respectueux pour performer

« Les femmes sont fortes, au même titre que les hommes ». Des mots pleins de sens pour la sportive contre le sexisme qui nous partage son intolérance pour ce genre de comportement avant d’ajouter que dans son entourage : « il n’y a aucune différence entre les deux sexes ». Une égalité mais également un dépassement de soi que prônent ses entraineurs et qui se retrouvent au quotidien pour elle : « À l’entrainement on ne me considère pas comme une femme mais comme une sportive et une nageuse. Ils me poussent dans mes retranchements ».

Mais au-delà de ça, c’est aussi le respect et la reconnaissance entre sportifs que met en avant Amel Melih dans sa discipline, que ça soit dedans comme en dehors des bassins. « En salle de sport, les gars sont souvent impressionnés par ce que je fais et ils viennent me le dire. Dans l’eau c’est pareil, je croise beaucoup de gens (hommes, femmes, jeunes, adultes, etc) qui me complimentent sur ma façon de nager ».

Une bienveillance qui se construit avec une véritable cohésion d’équipe entre sportifs et sportives pour laquelle une chose reste importante aux yeux d’Amel Melih nous explique-t-elle en s’amusant : « j’adore battre les garçons à l’entrainement, eux adorent me battre aussi ! ».

 

 

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Développer la médiatisation du sport

Pourtant, même si la nageuse internationale algérienne nous rappelle que sa discipline ne reste que « relativement touchée » par le sexisme, elle n’en reste pour le moins pas épargnée par le manque de médiatisation. Un constat qu’elle nous partage pour la natation avant d’évoquer ce que pourrait apporter une meilleure visibilité à sa discipline.

Pour Amel Melih, améliorer la médiatisation c’est avant tout contribuer à valoriser les sportives et le sport pratiqué aux yeux du public. Un moyen aussi pour elle de le développer et de donner envie aux enfants, parce que la « lutte contre le sexisme débute dès le plus jeune âge, et le sport peut aider à transmettre de belles valeurs » nous confie-t-elle.

 

Un état d’esprit sur lequel a pu s’appuyer la nageuse pour descendre en dessous du temps de qualification (25 secondes et 51 centièmes) au 50m nage libre pour s’envoler aux JO cet été, battant par la même occasion un nouveau record d’Algérie en 25 secondes et 36 centièmes. Déterminée, travailleuse et acharnée, Amel Melih compte bien par la suite remporter une médaille aux prochains Jeux Méditerranéens et accrocher une demi-finale aux prochains championnats du monde.

 

 

Maxime Laclau.

 

 

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