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ENQUÊTE 2/4 Louise Guillet (water-polo) : « Plus il y aura de filles dans ce sport et moins il y aura de sexisme »

Réputé comme étant très physique, le water-polo reste un sport favorisé par les hommes. Pourtant ce n’est pas ce qui a fait peur à Louise Guillet, internationale française dans la discipline qui est revenue avec nous dans ce premier témoignage pour défaire l’image sexiste que représente le water-polo.

 

À 35 ans, Louise Guillet n’a plus rien à prouver. Meilleure joueuse du championnat de France et d’Espagne et meilleure buteuse de la Ligue mondiale à son palmarès, elle ajoute un dernier sacre de championne de France avec Lille avant de revenir dans son club formateur de Bordeaux : l’Union Saint-Bruno.

Pourtant rien ne prédestinait la sportive au water-polo : « Cette passion est un hasard, j’avais petite un brin d’affection pour le tennis, sport pratiqué par mon père tennisman. Puis j’ai découvert le water-polo grâce à mon 1er entraineur Mr Doucereux, grand ami de famille, qui m’a fait découvrir ce sport un soir en me récupérant chez moi et m’a transmis sa passion, j’ai tout de suite accroché avec le côté ludique de ce sport ».

Ambitieuse, travailleuse et déterminée, son expérience lui a permis de tout voir et tout entendre dans le water-polo féminin avant de le défendre.

Louise Guillet, Crédit-photo : Louise Guillet

 

Des clichés de l’école jusque dans les clubs

Un sport de « garçons » et de « brutes » ; voilà les clichés que nous rapporte Louise Guillet du water-polo. Des remarques sexistes qui commencent dès le plus jeune âge dans la cour d’école et qui contrastent avec la très bonne expérience qu’elle garde du basket-ball en club avec ses collègues masculins.
Des comportements qu’elle déplore et face auxquels la sportive a toujours voulu montrer l’exemple : « ça me donnait encore plus de motivation pour prendre le ballon et montrer aux garçons qu’une fille est aussi capable de marquer ».

Pourtant, même avec le temps certaines choses ne changent pas. En club certaines remarques refont surface comme a pu le constater Louise Guillet : « Il n’y a pas longtemps une joueuse de mon équipe a rencontré un garçon qui lui a dit « ah mais tu fais du water-polo, je croyais que le water-polo était un sport de mec ».

 

Le rôle des clubs remis en cause

Mais au-delà de ces remarques, c’est aussi le rôle des institutions qui est visé par la sportive. Malgré la présence de subventions dans les clubs, les femmes restent dévalorisées et minoritaires par rapport aux hommes.
Des inégalités que l’on retrouve même au plus haut niveau : « pour ce qui est des joueuses françaises, aucune ne bénéficient de contrat de joueuse pro, à l’inverse des garçons, elles doivent donc travailler à côté pour subvenir à leurs besoins tout en combinant les entraînements deux fois par jour ».

Des efforts supplémentaires à réaliser qu’explique la joueuse française par le fait que les clubs jugent le water-polo féminin comme étant « moins spectaculaire » et « moins médiatisé » que celui des hommes.

 

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Une situation qui pourrait pourtant changer selon Louise Guillet qui met en avant plusieurs points majeurs pour combattre le sexisme dans le water-polo.

 

« Permettre aux plus grands nombres de jeunes filles de découvrir le water-polo »

Un de ces points majeurs est l’éducation des plus jeunes face à ce sport. Une manière de mieux le connaître pour éviter les préjugés mais avant tout pour « permettre aux plus grands nombres de jeunes filles de découvrir le water-polo » avant d’ajouter que pour la sportive : « plus il y aura de filles dans ce sport et moins il y aura de sexisme ».

L’autre point majeur est la participation des clubs et institutions à la démocratisation de ce sport. Le but étant par ce moyen selon elle d’influer sur deux facteurs : favoriser les sportives au sein des clubs et permettre aux femmes d’accéder à des postes à hautes responsabilités.

 

Un investissement à l’avenir dans le sport féminin qu’espère Louise Guillet pour en améliorer sa médiatisation. Un enjeu crucial pour le water-polo féminin dans la tête de la joueuse française pour son prochain objectif : performer aux JO de Paris 2024 pour que son sport soit plus reconnu.

 

Maxime Laclau

 

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