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ENQUÊTE 2/3 : L’évolution du football féminin en France

Depuis quelques années, le football féminin français peut compter sur le soutien de la FFF et les médias qui diffusent de plus en plus les matchs grâce à plusieurs évènements qui ont été décisifs. Cela signe le début d’une reconnaissance méritée pour ces joueuses malgré de nombreuses inégalités toujours présentes. Nous poursuivons notre analyse dans cette seconde partie de notre enquête.

Des évènements influents

Après le mépris vient la reconnaissance. Dans le milieu des années 2000, les médias s’intéressent de plus en plus au football féminin grâce notamment aux différentes coupes internationales et au triomphe des Lyonnaises en ligue des champions. Le public commence à suivre les exploits des Françaises aux Coupes du Monde et cela se ressent au niveau des audiences télés. Pour la coupe du monde féminine de 2019, les matchs France/USA et France/Brésil font plus de 10 millions de téléspectateurs sur TF1. Une situation inimaginable quelques années auparavant mais pleine d’espérance pour l’avenir du football féminin. Les succès des Lyonnaises permettent également d’améliorer leur image et crédibilise davantage celle de tout le football féminin français en prouvant leurs capacités. De ces victoires commence à naître un engouement autour du football féminin, le nombre de licenciées ne fait qu’augmenter en passant de 100 000 licenciées en 2016 à 200 000 en 2020 d’après la FFF ; mais cela reste un frémissement comparé à leurs confrères masculins.

Des inégalités encore persistantes

Malgré un élan de soutien, le monde du football féminin souffre de la comparaison avec le football masculin. Laurie Cance, joueuse au Rodez Aveyron Football, confiait récemment à Madam Sport : « On voit des comparaisons alors que ce n’est pas du tout le même football ». Et ce n’est malheureusement pas la seule différence. Les budgets attribués au football féminin ont bel et bien augmenté au fur et à mesure du temps, grâce au soutien grandissant de la FFF mais cela reste bien inférieur à celui des hommes (environ 19 millions pour la D1 et 1,9 milliards pour la Ligue 1) : « Les équipes de D1 font des efforts financiers aux niveaux des infrastructures. On voit quand même qu’il y a un gros développement » souligne l’ancienne joueuse de D1. En effet, d’un côté, nous avons le football masculin, sport populaire, extrêmement suivi depuis plusieurs décennies et de l’autre, le football féminin, un sport en plein essor, reconnu par ses paires que très récemment. Les footballeuses subissent aujourd’hui ce retard.

Des inégalités qui se ressentent également au sein de la D1. En effet, tandis que des clubs comme Lyon ou Paris ont massivement investi pour le développement de leurs équipes féminines, en proposant des contrats professionnels, dans d’autres clubs, les joueuses sont semi-professionnelles et ont donc un travail à côté du football. Les joueuses n’ont donc pas les mêmes performances physiques par manque de temps d’entraînements. Peu de footballeuses sont professionnelles en France. Si le D1 se professionnalise petit à petit, les salaires des joueuses restent très nettement inférieurs à ceux des hommes et beaucoup d’entre elles ont signé seulement un contrat fédéral. Les raisons sont simples : les budgets attribués aux clubs féminins et les droits télés sont sous-jacents.

Le chemin de l’égalité est encore long pour les footballeuses mais les éléments semblent jouer en leur faveur.

Madam Sport vous conseille cet excellent documentaire sur le football féminin en France :

 

Pauline Frayssou

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Le Club

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