Catégories

ENQUÊTE 1/4 : Le sexisme dans le sport : Une évolution ?

Pour la première fois en 2024 à Paris, les Jeux Olympiques seront paritaires. Une décision historique qui n’en démord pas du sexisme que peut représenter le sport dans sa pratique. Une occasion pour Madam Sport de retracer son évolution, des premiers clichés jusqu’à la libération de la parole aujourd’hui pour les sportives : on mène l’enquête !

 

Même si la parité des Jeux de 2024 dans la capitale reste une étape importante pour le sport féminin, il ne faut pas oublier pour autant que ça n’a pas été toujours le cas, loin de là … En 1900 alors que les femmes étaient autorisées pour la première fois à participer à des Jeux Olympiques, elles ne représentaient que 2% des sportifs contre 98% d’hommes.
Un faible pourcentage qui n’a pourtant pas empêché Charlotte Cooper de s’illustrer. La joueuse de tennis britannique est devenue la première femme à gagner la médaille d’or lors d’une épreuve individuelle aux JO.

Mais à l’image de ces chiffres, la mentalité de l’époque en dit long sur l’acceptation des hommes à voir des femmes pratiquer du sport.

« Pour l’équilibre des enfants, je pense que la femme est mieux au foyer ».

1990, Florence Arthaud remporte la Route du Rhum, Le Parisien titre : « Elle a gagné la Route du Rhum devant tous les hommes : Flo, t’es un vrai mec ».
En 1994 Frédérique Galametz, la première femme chargée de la rubrique football à L’Équipe est accueillie avec un panneau intitulé « Campement interdit aux femmes ».
Et en 98, David Douillet alors ministre des Sports déclare : « Pour moi, une femme qui se bat au judo ce n’est pas quelque chose de naturel, de valorisant. Pour l’équilibre des enfants, je pense que la femme est mieux au foyer ».

Des remarques sexistes qui interpellent aujourd’hui face au changement de mentalité de la société mais qui malgré une nouvelle lutte contre ces clichés, n’ont pour le moins pas disparu.

Un sexisme qui change mais qui ne cesse pas

Maintenant encore, beaucoup trop d’exemples nous montrent que le sexisme dans le sport est loin d’avoir cessé. À l’image d’Alizé Cornet, la joueuse française de tennis qui en 2018 est avertie pour s’être changée sur un court durant le premier tour de l’US Open, ou encore il y a un mois en mai, quand les capitaines de D1 et D2 de football féminin lancent une tribune contre le passage d’un championnat à 10 équipes pour la D1. Une manière pour elles d’évoquer le manque de considération et de moyens mis en place dans le football féminin.

Un sexisme qui persiste et qui est d’autant plus difficile à atteindre qu’il se propage sur les réseaux sociaux où l’on retrouve les principaux clichés sur le sport féminin, souvent jugé comme étant « moins impressionnant » « moins physique » ou encore « plus ennuyeux » par rapport aux hommes.

Différents facteurs qui alimentent ces inégalités

Mais au-delà des réseaux sociaux, d’autres facteurs continuent d’alimenter la présence d’un sexisme dans le sport.
En cause notamment l’éducation au sport féminin dans les écoles, encore aujourd’hui plus de 80% des licenciés des sports de glace, d’équitation et de gymnastique sont des femmes contrairement aux hommes qui représentent plus de 90% des licenciés au football et dans les sports mécaniques tels que la moto.
La cour de récréation reste l’un des premiers endroits relayant les clichés, mettant en avant un autre problème de considération, le manque de sportives comme modèle permettant aux jeunes filles de s’identifier.

La différence salariale reste aussi un facteur important de ces inégalités dont le football reste le sport le plus flagrant. Il faut savoir qu’à titre de comparaison en moyenne, un joueur de football en L1 gagne plus de 90 000 euros par mois contre 2 500 euros pour une footballeuse en D1 féminine, soit 37 fois moins que les hommes.

Libérer la parole des sportives

Cependant face à cette situation, de nouvelles initiatives se mettent en place pour libérer la parole des sportives et ainsi lutter contre les préjugés sur le sexisme.
Dans ces nouvelles initiatives, on retrouve notamment l’émission « ELLES » diffusée en janvier dernier sur Canal+. Animée par Laurie Delhostal en présence de personnalités sportives telles que Madeleine Malonga et Perrine Laffont, championne de judo et de ski de bosses, toutes réunies dans le but de promouvoir le sport féminin.

Des émissions tout comme des documentaires mis en place comme celui de Laurie Delhostal avec « Championne, sa mère ! », un document traitant de la difficulté d’être aussi mère pour les sportives.
Ou bien même la création de fondations comme celle d’Alice Milliat qui voient également le jour pour mettre en avant le sport féminin et redonner de l’importance au travail que cette ancienne sportive a réalisé pour les femmes.

 

Une libération de la parole pour lutter contre le sexisme dans le sport, c’est ce que veut mettre en avant Madam Sport dans son enquête qui dans les prochains épisodes s’appuiera sur le témoignage de sportives. Une manière pour elles d’évoquer leurs combats, leurs difficultés mais aussi leurs solutions face au sexisme.

 

Maxime Laclau

Vues:
383
Catégories de l'article:
Le Club

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Leave the field below empty!

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.