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CYCLISME Floriane Huet : « Les jeux 2024, c’est mon rêve »

Cycliste et membre du pôle olympique, Floriane Huet témoigne d’un parcours riche, d’expériences sportives et internationales importantes et d’ambitions considérables. Celle qui concourra pour les jeux olympiques de Paris en 2024 revient sur son histoire, sa passion pour le cyclisme et sa trajectoire partagée entre sprint et endurance.

Floriane Huet, affiliée au club Brest Kiclos Métropole Cyclisme, fait aujourd’hui partie du pôle olympique de Saint-Quentin en Yvelines où elle suit également un bachelor en management du sport. Elle dépend aussi de l’équipe de France de cyclisme, composée des meilleures cyclistes de l’hexagone. La coureuse se prépare actuellement pour concourir aux jeux olympiques de Paris en sprint sur piste et participera possiblement aux jeux olympiques de 2021 qui se dérouleront à Tokyo. « La sprinteuse longue » prendra part à toutes les épreuves de sprint en vitesse par équipe où elle occupera le troisième poste. « Ça ne me fait pas trop peur de me lancer de nouveaux challenges. Je me sens capable de le faire donc je vais tout donner et si ça ne marche pas, c’est qu’il fallait que ça soit comme ça. » « Mon rêve c’est de gagner en 2024 à Paris et si ça m’arrive, je ne saurais même pas comment passer à autre chose après. »

Le sport : une ouverture sur le monde

Depuis la seconde, elle évolue dans un double parcours scolaire et sportif qui l’a amenée à voyager constamment, tant pour sa formation que pour ses compétitions. Elle a participé à des courses en Allemagne, aux Pays-Bas ou encore en Belgique. « Je trouve ça cool parce qu’il y a des pays que je ne ferai pas de moi-même. On se rend compte que dans certains pays ce n’est pas comme en France. En Belgique t’arrives à 6h dans les rues, c’est super propre. Au Portugal, j’étais dans un endroit pauvre et j’ai vu plein de choses différentes. On se rend compte de la chance qu’on a en France. Je n’ai jamais été fan de l’anglais et le fait de parler avec plein de personnes de nationalités différentes m’a obligée à pratiquer. Maintenant, c’est ça qui m’aide à parler. » explique-t-elle.

 

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Un parcours curviligne

Polyvalente de nature, Floriane a très longtemps pratiqué plusieurs spécialités avant de s’orienter vers l’endurance puis vers le sprint : « J’ai été plusieurs fois championne de France et tous mes titres dépendent de compétitions différentes. Je suis un peu forte partout, je peux jouer sur plusieurs tableaux. Ça ne m’a pas aidée à faire un choix. […] Arrivé à un niveau, on ne peut plus tout faire et être fort partout. » Lorsqu’elle était scolarisée au lycée et incorporée au pôle espoir, elle faisait de l’endurance sur piste et sur route ainsi qu’un peu de sprint. Par la suite, elle a été admise au pôle France endurance en catégorie junior où elle a lâché le sprint et privilégié l’endurance sur piste. A son arrivée au pôle olympique, elle a dévié vers les épreuves de sprint sous le conseil de ses coachs.

Le partage, un aspect essentiel

A son jeune âge, Floriane a déjà connu des moments forts et vécu des expériences enrichissantes. Elle relate les moments les plus marquants de son parcours : « Il y a mes premiers championnats du monde junior en 2019 en Allemagne. J’étais nulle physiquement et je n’ai pas fait les résultats que j’aurais dû mais le voyage, l’atmosphère, j’ai trouvé ça incroyable. Ça m’a marqué sur le plan humain. Sinon, il y a toutes mes victoires en général. » Toutefois, elle nuance la joie ressentie lors d’une victoire individuelle ou collective : « Quand j’ai été championne de France individuelle, j’étais contente pour moi mais j’étais seule dans mon trip. Quand on est par équipe, c’est différent. J’ai gagné un chrono par 6 et les 6 personnes étaient touchées en plus des mécanos, des directeurs sportifs et de tous les gens derrière. Il y a d’ailleurs eu deux vélos et un poignet de cassés, c’était le branle-bas de combat. Au final, on a gagné, c’était énorme.  Même là je t’en parle, j’ai des frissons. »

Se sentir vivant

Le vélo lui procure des sensations excitantes qui la pousse à toujours revenir sur la piste : « Sur la piste, quand t’es en haut du virage, que ça va vite et que c’est haut, tu as beaucoup de sensations, c’est agréable. […] Quand ça va vite, ça me plaît. » Lorsqu’elle est en compétition, elle est concentrée, déterminée et impénétrable : « Pendant la compétition, tu penses même plus à la chute ou à glisser. Tu sais vraiment ce que tu as à faire et tu ne penses pas à autre chose. » Le départ des courses est très technique et, même à ce moment-là, elle est dans un état d’esprit de compétitrice, ses pensées sont focalisées sur son objectif : « Lancer un 200 mètres c’est technique et tu sais ce que tu dois faire. […] Au départ d’une compétition, t’as le petit truc qui te fait comprendre que tu dois performer. […] En général, j’ai toujours ce petit stress en moi et quand j’arrive sur la piste et que je monte sur mon vélo, il y a tout qui s’en va. Il y a un compte à rebours de 45 secondes, ça bipe à 5 secondes puis chaque seconde jusqu’au top départ. Pendant le compte à rebours, je m’encourage. A 5 secondes, tu ne réfléchis plus, tu te mets sur ton vélo et tu te concentre sur le décompte pour ne pas partir trop tôt ou trop tard. »

« Je trouve ça cool d’avoir fait partir les gars avant les filles »

Floriane a un avis nuancé sur la différenciation de genre dans le sport. D’une part, elle comprend la séparation des épreuves : « Au niveau national et international, les courses sont séparées, ce qui est logique car on n’a pas le même niveau. » D’autre part, elle félicite la création en cyclisme d’épreuves mixtes où les femmes courent en dernier : « Pour le contre la montre par équipe, je trouve ça cool d’avoir fait partit les gars avant les filles. C’est les filles qui font la différence sur ce genre d’épreuves. » Le sexisme, forcément, elle y a déjà fait face durant son parcours sportif, mais elle ne se formalise pas : J’ai déjà eu des critiques. Quand je cours une course un dimanche, ça m’arrive de courir avec des hommes et de prendre des réflexions. Ça ne me touche pas vraiment, la réponse elle est sur le vélo. »

Photo A la Une : Floriane Huet, Crédit-photo: Floriane Huet

Clara Normant

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Le Club

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