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COURSE D’ORIENTATION Lilou Pauly : « Être championne du monde à 18 ans, c’est incroyable »

À part en EPS au collège, peu de personnes pratiquent la course d’orientation. Sa légère médiatisation joue sûrement un rôle. Mais ce sport, mêlant course (ou vélo), stratégie et lucidité, mérite qu’on en parle. Et c’est la championne du monde Lilou Pauly que nous avons rencontrée qui nous en dit plus.

 

La course d’orientation, un sport qui allie les jambes et le cerveau

Une carte, des balises et la course peut commencer. Le but est simple : trouver toutes les balises le plus vite possible pour terminer la course. Mais attention à bien les trouver dans le bon ordre, sinon c’est disqualification. Ces balises sont plus ou moins cachées. La course d’orientation peut se pratiquer à pied mais également en VTT, c’est le cas de Lilou.

La différence la plus importante entre les deux formats est qu’à pied, les balises peuvent être cachées partout dans la forêt, que ce soit derrière un rocher, à côté d’un arbre ou sur des feuilles. À VTT, les balises sont situées seulement sur des chemins. Et c’est cette différence que Lilou préfère en VTT : « En VTT, l’équilibre entre rapidité et lucidité est plus important, et c’est ça que je préfère ».

Lilou Pauly, Crédit- Photo : Valentin Palcau

 

Un sport de famille

Grâce à des parents adeptes de triathlon et de raids multisports, Lilou Pauly découvre la course d’orientation à pied lorsqu’elle a 6-7 ans : « On en faisait en famille le dimanche matin, puis on a commencé à faire de plus en plus de compétition ». À l’âge de 16 ans, Lilou découvre le haut niveau de la course d’orientation à pied. Cependant, un an plus tard, elle décide de se lancer dans la compétition de course d’orientation en VTT. Un changement tardif mais réfléchi : « Je faisais déjà du VTT mais sans compétition, juste avec mes parents. Puis je me suis dit que la combinaison des deux pourrait être pas mal ». Licenciée au club de Charente-Maritime Orientation depuis ses débuts, Lilou Pauly ne l’a jamais quitté, malgré des études à Compiègne à l’autre bout de la France : « Je reste fidèle à mon club car c’est eux qui m’ont tout appris ».

 

Championne du monde à 18 ans 

« Au début je n’y croyais pas. Quand j’ai réalisé, je me suis dit : c’est incroyable ! ». Voici les mots de Lilou lorsqu’elle nous décrit son sentiment d’être championne du monde.

Tout se déroule un jour d’été 2019 à Viborg, au Danemark, lorsque la jeune charentaise de 18 ans débarque aux championnats du monde de course orientation en outsider : « J’étais la plus jeune de ma catégorie, je n’attendais rien de spécial, je ne me voyais pas faire de résultats ». Lors de la course sprint en VTT, Lilou n’a qu’une seule pensée, « donner le meilleur de soi ». Mais voilà qu’après une superbe course de sa part, elle remarque au fur-et-à-mesure des passages, qu’aucune concurrente ne fait de meilleur temps qu’elle. Résultat : Lilou Pauly devient championne du monde de sa catégorie à seulement 18 ans.

Quelques jours plus tard, elle dispute le relais avec l’Équipe de France. Dernière à passer, son équipe est première lorsqu’elle démarre. Malheureusement, une seule erreur de sa part a permis à sa concurrente de la doubler dans la dernière ligne droite de la course. « J’étais très triste pour mes partenaires et déçue de moi, de ne pas avoir su garder cette première place » nous confie-t-elle. Malgré ce faux-pas qui lui coutera une deuxième médaille d’or, Lilou ne retire que du positif de ce championnat du monde au Danemark : « Ça m’a apporté beaucoup d’expérience sur le plan sportif mais aussi humain : de découvrir de nouvelles nationalités, de nouvelles cultures, c’est vraiment super cool ! ».

 

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Jongler entre la course d’orientation et les études

Actuellement en Autriche, la charentaise réalise un voyage de 6 mois en Erasmus dans le cadre de sa formation. Elle étudie à l’Université de technologie de Compiègne afin d’être, pourquoi pas, ingénieure. En effet, Lilou n’a pas le choix que de continuer ses études car « on ne peut pas vivre de la course d’orientation, sauf étant entraîneur d’équipe nationale, puisque ce n’est plus reconnu comme sport de haut niveau ».

 

Tout donner pour ne pas avoir de regrets

La jeune sportive est depuis plusieurs mois en Autriche, mais ce n’est pas pour autant qu’elle oublie la course d’orientation. Avec des entraînements réalisées avec l’équipe nationale autrichienne, Lilou se prépare aux prochaines échéances dont notamment le championnat du monde qui aura lieu du 10 au 18 juin 2021 en Finlande : « Je n’ai pas forcément d’objectifs de résultats, mon seul objectif c’est de donner le meilleur de moi-même ».

 

Lilou Pauly, soutenue par ses parents, son équipe nationale et son fidèle partenaire « Cube », qui lui fournit ses équipements depuis plusieurs années, tentera de décrocher un podium, voire une victoire le mois prochain en Finlande. En tout cas, on le lui souhaite.

Image à la Une : Lilou Pauly, Crédit-Photo : Laura Scaravonati

Lucas Jariais

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