Carla Brémaud a fait le choix de s’envoler vers les Etats-Unis il y a 4 ans pour vivre en grand son rêve américain. La basketteuse évolue avec Wichita States University dans le Kansas, elle joue au poste 2. Carla débute le basket toute jeune à la Pommeraie dans le 49 puis elle est licenciée 1 an à Cholet Basket. Ensuite, elle pousse les portes de l’UFAB, le club de basket féminin d’Angers et de son centre de formation, 2 ans après son arrivée au club. Une période pendant laquelle elle goutera à l’aventure des sélections en équipe de France, en U16 et U20. C’est avec ce dernier groupe qu’elle se hisse à la troisième place des championnats d’Europe en 2019. La jeune femme est également la plus jeune joueuse de l’histoire de la ligue 1 et a fait des apparitions chez les pros ainsi qu’en EuroCoupe.

Tu joues actuellement sous les couleurs de Wichita States, depuis déjà plusieurs saisons d’affilée, alors pourquoi les Etats-Unis ?

Je voulais continuer à jouer au haut niveau mais aussi continuer à suivre des études. Mes parents ont toujours voulu que je fasse de bonnes études. Mais je sais aussi qu’en France c’est dur de continuer à faire ses études à côté d’un parcours sportif. Donc j’ai préféré partir aux USA, ils présentent un très bon cursus pour faire ce genre de parcours. Et en plus de ça, je n’ai jamais accroché l’anglais à l’école donc je voulais persévérer dans cette langue parce que je sais que c’est super important de la maîtriser. En arrivant aux USA après mon bac, j’ai refait une terminale ici. Je voulais améliorer mon anglais avant d’entrer à l’Université. Je me débrouillais vraiment mal, je ne pouvais que me présenter et énumérer les couleurs. Alors participer à une conversation, n’en parlons pas !

A l’université je fais une licence, sur 4 ans. J’étudie le sport management, ça me permet de voir un autre côté du sport.

Pour Carla, être une étrangère qui est venue jouer aux USA est une force. La vision du jeu étant bien différente en France et aux Etats-Unis. La basketteuse s’entraîne désormais avec des joueuses, elles aussi étrangères. Elles ont la chance d’avoir des apports supplémentaires qui leur viennent de cette double culture. La manière d’appréhender le jeu diffère fortement d’après Carla, « En Europe, c’est un jeu collectif basé sur la vision du jeu et l’esprit d’équipe. Aux USA c’est plus rapide et beaucoup plus perso ».

Aux Etats-Unis, les entraînements sont longs, 20 heures par semaines en saison. Ce qui revient à 6 jours de baskets dans la semaine. A raison de 3 heures de basket et de 3 séances de muscu par jour. C’est aussi ce qui différencie les USA des autres pays du basket, la musculation est omniprésente sur le temps d’entraînement.

Carla Brémaud prend chaque opportunité comme une expérience et un plus d’être capable d’apprendre des deux pays. En contrepartie, elle a dû s’éloigner de ses deux petits frères et de sa famille. Habituellement, elle revient dans le Maine et Loire tous les étés et ses parents viennent la rejoindre pour Noël. Mais la pandémie a changé leurs plans. Carla ne rentrera pas cet été. Les règles de quarantaine sont trop strictes pour elle, qui reprend l’entraînement en août. Même si cet éloignement fait partie de son choix de vivre de sa passion, il ne reste pas moins compliqué à vivre. Dans ces moments Carla peut se reposer sur ses amis, c’est un peu sa deuxième famille. Beaucoup d’eux sont dans le même cas qu’elle.

Quel bilan tu retirerais pour le moment de ton expérience aux USA ?

Ce que je retiens c’est que c’est une expérience premièrement humaine, l’université où je suis il y a beaucoup d’étrangers. Donc la plupart de mes potes viennent des 4 coins du monde. C’est une opportunité que je n’aurais pas eue en France. On apprend beaucoup, on joue contre de grosses équipes. J’ai eu l’opportunité de jouer contre Yukon, champion NCA plusieurs fois. Je joue contre des filles qui jouent en WNBA, c’est assez fou.

Ça permet aussi de voyager, on a fait un tournoi à Las Vegas, à Porto Rico, on va jouer en Floride et dans le Texas. Il y a beaucoup plus de moyens, on ne prend pas le bus mais un jet privé.

J’ai cours le matin et nos après-midis sont libres pour l’entraînement. On peut aussi aller shooter plusieurs fois dans la journée à notre guise. Et notre semaine de cours c’est du lundi au jeudi. Aux Etats-Unis tout est en place pour que les sportifs réussissent.

La saison de Carla Brémaud s’est achevée quelques jours seulement avant que le COVID mette à l’arrêt le monde du basket. Mais le confinement n’a pas été aussi strict qu’en France. Les habitants avaient uniquement l’obligation de rester le plus possible chez eux. Carla est allée cohabiter avec ses amis pendant cette période, qu’elle aurait eu du mal à vivre seule. Cela lui a permis de continuer de s’entraîner. Notamment avec sa coéquipière belge, avec qui elle joue à Wichita. Leurs coachs leur ont apporté le matériel pour qu’elles continuent à garder la forme. Carla et ses amis ont aussi eu la chance d’avoir des terrains de basket non loin de leur logement. La jeune Basketteuse a donc pu garder le sourire !

Le gymnase dans lequel s’entraîne Carla et les membres de son équipe a ré-ouvert il y a quelques jours. Les règles sont strictes, prise de rendez-vous pour s’y présenter et port du masque obligatoire. Les joueuses doivent s’entraîner seules, sans coachs. Mais les ambitions de Carla sont claires, elle veut s’imposer comme une leader de son équipe la saison prochaine avec sa coéquipière belge. Wichita a l’objectif de finir 3ème de la conférence.

Tu as été la plus jeune joueuse en Ligue 1 quand tu avais 14 ans avec l’UFAB, quel souvenir en gardes-tu ?

Je me souviens quand le coach m’a annoncé que j’étais sur le banc, une des joueuses m’a dit « Carla si tu es sur le banc ce n’est pas pour rien, le coach compte sur toi ». Mais moi je n’y croyais pas. A deux minutes de la fin du match, il me dit d’aller demander mon changement. Je ne suis rentrée qu’à 52 secondes de la fin. La minute où je suis restée sur le banc en attendant de rentrer était super longue, j’ai cru que le match ne finirait jamais, et que je n’allais pas rentrer.

En plus, je défendais sur Anaël Lardy qui jouait en équipe de France à ce moment-là, je me sentais vraiment petite alors qu’elle n’est pas très grande. C’était que du bonus pour moi !

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A 20 ans Carla Brémaud rêve en grand. La jeune fille a parcouru l’Atlantique pour se donner les moyens de ses ambitions. La période de confinement lui a montré la voie à suivre pour réussir. Ses amis sont ses plus fervents supporters. Ils lui montrent aussi d’autres sports, comme le tennis qu’elle adore pratiquer. Nous espérons pour elle qu’elle puisse reprendre des forces au plus vite auprès de sa famille.

Juliette Courcoul

Photo à la Une: Carla Brémaud, Crédit Photo: Carla Brémaud 

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