NOS FOCUS

ATHLETISME : Caster Semenya ou le contrôle du corps de la femme.

Caster Semenya (Dana Scrugg)

La Championne du Monde du 800m, la Sud-Africaine, Caster Semenya ne prendra pas part aux prochains championnats du Monde à Doha en Septembre.

Après l’annulation de la suspension du nouveau règlement sur les athlètes hyperandrogènes, la Sud-Africaine ne pourra pas défendre son titre. Mais derrière le règlement sur l’hyperandrogénie de Caster Semenya, se pose la sempiternelle question sur le contrôle du corps des femmes.

Le monde de l’athlétisme découvre Caster Semenya en 2009 mais la Championne du Monde du 800m ne fait pourtant pas figure d’exception. La Burundaise Francine Niyonsaba, la Kényane Margaret Wambui ou encore la sprinteuse indienne Dutee Chand ont elles aussi été reconnues par l’IAAF comme hyperandrogènes.

Est-ce nécessaire de rappeler que l’hyperandrogenie n’est pas une maladie mais la conséquence d’un syndrome. Si le cas de Caster Semenya pose problème c’est parce que la Fédération Internationale d’Athlétisme estime que son taux élevé de testostérone lui donnerait un avantage par rapport à ses adversaires.

Pourtant aucune étude, rien ne prouve que c’est effectivement le cas. C’est ainsi qu’en 2015, la sprinteuse, Dutee Chang avait fait invalider par le TAS l’un des premiers règlements de l’IAAF qui avait 2 ans pour présenter une étude scientifique prouvant la supériorité des athlètes hyperandrogènes.

Cette année encore, par le biais de son Vice-Président, Frank Ulrich Montgomery, l’AMM (Association Médicale Mondiale) avait mis en garde ceux qui voulaient administrer un traitement à ces athlètes : « Nous pensons qu’il est extrêmement grave que les réglementations sportives internationales demandent aux médecins de prescrire des médicaments – des médicaments à action hormonale – aux sportifs afin de réduire les conditions normales dans leur corps. »

Frank Ulrich avait même appuyé ses propos en expliquant qu’il était tout à fait normal d’être hyperandrogène et qu’il n’y avait rien de pathologique : « Il est nuisible pour un corps parfaitement normal avec juste un niveau élevé de testostérone de recevoir des médicaments à utiliser dans le but d’être admissible au sport féminin en vertu de certaines réglementations. »

Imposer un tel règlement relève de l’envie de contrôler le corps des femmes en les mettant en danger car ces athlètes ne souffrent d’aucune maladie. A partir du moment où les femmes ont voulu, on a contrôlé les épreuves qu’elles étaient autorisées à pratiqué, on a scruté leur corps, on a contrôlé leurs organes génitaux.

Cette décision d’instaurer ce nouveau règlement est sexiste car il ne s’applique qu’aux femmes. L’athlète qui n’a cessé de subir, depuis son arrivée au plus haut niveau, moqueries, préjugés et remises en cause de ses performances ne s’arrêtera pas là.

Dans un communiqué, Caster Semanya a déclaré : « Je suis très déçue de ne pas pouvoir défendre mon titre durement gagné, mais cela ne va pas me freiner dans mon combat pour le respect des droits de toutes les athlètes concernées. »

View this post on Instagram

☝️

A post shared by Caster Semenya (@castersemenya800m) on

Rita BERAL

Articles Similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.