De la pratique du basket jusqu’à ses 19 ans au souhait de participer à Tokyo 2021 sur 400m à 24 ans, il n’y a qu’un pas pour Amandine Brossier. Originaire de la région choletaise, et après 13 ans de basket, Amandine se tourne vers l’athlétisme à Angers Sco Athlé. A la recherche du haut niveau, la jeune femme comprend que ce n’est pas avec le basket qu’elle passera le cap. Alors, elle se lance d’abord sur 100 et 200m. Malgré un titre de championne de France en salle en 2018, Amandine décide de bousculer une nouvelle fois sa carrière pour atteindre le niveau international. C’est par ce biais qu’elle se met sérieusement au 400m, il y a tout juste un an.

Amandine a vite grimpé les échelons, alors qu’elle a commencé l’athlétisme il y a peu. Elle compte déjà un titre de championne de France sur 200 et 400m, une participation aux championnats d’Europe sur 4x100m l’année dernière. Elle a pu également courir aux mondiaux de Doha sur 400m et 4x400m.

Petite nouvelle, qui venait chambouler les podiums dans la région où toutes les athlètes se connaissent bien. Désormais, Amandine Brossier est bien entourée. Elle a tout un staff qui la suit, plusieurs rendez-vous chez le kiné par semaine et un ostéopathe qui peut soulager rapidement les petites douleurs. 

« Au début, j’ai fait du 100 et 200 parce que c’était courir vite qui m’intéressait. Je n’ai pas voulu faire de l’athlé pour battre des records, mais maintenant ça me permet de gagner ma vie. Sur cette distance j’étais bonne mais ce n’était pas suffisant pour atteindre un niveau international. Je n’ai pas un départ assez puissant. Et beaucoup me disaient que j’étais assez résistante, j’arrivais au bout de mes 200m en étant encore relativement fraîche contrairement à d’autres qui s’effondraient. Et donc naturellement j’ai commencé le 400m aux Interclubs. Et ça me plaît bien, ce n’est pas juste courir vite, il y a aussi un aspect tactique. J’ai un parcours atypique.

En 5 ans, ma progression peut paraître étonnante. Mais je suis une personne qui écoute beaucoup les conseils qu’on peut lui donner et qui est très observatrice. Et puis, au début ce n’était pas pour battre des records, je suis très compétitrice. Je ne fais pas un sport pour le loisir, bien que ça soit ma passion. Je ne veux pas uniquement faire un ou deux entraînements dans la semaine. Donc bon j’ai vite vu que je battais la meilleure du département, la meilleure de la région, donc forcément je me suis prise au jeu. »

Durant le confinement Amandine a gardé son rythme hebdomadaire d’entraînement. La sportive qui avait pour objectif de se présenter en individuel et en relais 2×2 femme et mixte à Tokyo cet été ne semble pas surprise du report des Jeux. « Ça me paraissait particulier de faire ces JO avec autant de monde mais à huis-clos donc je ne m’attendais à rien ». Ce qui a été plus difficile à gérer pour elle, ce sont toutes les sources d’informations qui, parfois, se contredisaient. Cette année de préparation supplémentaire va permettre à Amandine d’acquérir de l’expérience. Elle, qui n’est pas encore bien vieille dans la pratique.

En revanche, l’athlète choletaise nous confie que l’annulation des championnats d’Europe à la maison était bien plus décevante. L’occasion d’accueillir un nouveau gros championnat à Paris ne se représentera pas de si peu.

Quel impact va avoir ce report, d’une année, sur votre préparation ? (Les minimas Olympiques de la Fédération Française sont de 50,30 et l’IAAF de 51,35. Le record d’Amandine Brossier est fixé à 51,77)

Ces deux reports et annulation, ça modifie toute la saison. Je ne vais pas dire que c’est une année blanche mais ça y ressemble. Pour l’instant la fédération a reprogrammé un calendrier pour le mois de septembre. Mais bon on n’en est pas encore là, on ne sait pas si ça va avoir lieu et dans quelles conditions. Avec mon entraîneur on s‘entraîne pour être en forme comme s’il y avait des championnats et des compétitions. Les athlètes sont habitués à s’adapter au quotidien, je pense que là il faut se servir de ces qualités actuellement mais ce n’est pas évident puisque c’est aussi notre manière de gagner notre vie, les meetings et les compétitions. Il y a aussi d’autres corps de métier qui sont touchés par ça donc on ne va pas se plaindre, mais c’est important de le souligner tout de même. C’est particulier.

Donc voilà les minimas ne me paraissent pas impossibles, c’est bien sûr mon objectif. Ce n’est que ma deuxième année donc je veux progresser !

L’entraîneur d’Amandine est son conjoint dans la vie. Ce qui lui a permis de garder une stabilité pendant le confinement, malgré l’absence de son staff au complet. Le contenu de ses entraînements a bien changé. Habituellement, en début de saison, Amandine se consacre à des séances en hors-piste et de la course en nature, ainsi qu’à du fractionné. Avec la limite du 1km, elle a dû s’adapter. La sportive a profité d’un chemin bitumé en côte près de chez elle pour courir un peu. Elle a pu aussi profiter d’un vélo d’appartement et d’une barre avec des poids pour tenir au maximum le déroulé normal de la saison. Pour elle, il n’était pas uniquement question de « rester en forme ».

Je ne me suis pas entraînée à grande vitesse mais psychologiquement ça m’a permis d’être à 200% tout de même. Même si au début entre sportifs on a pas mal parlé des jeux. Pour moi, c’était plutôt positif. Je ressors de cette période avec une ligne de conduite que je veux tenir, et je sais ce que je veux exactement.

Le point noir de cette période est l’apparition d’une gêne au quadriceps. « Même si j’avais un contact par messages ça ne vaut pas un massage ou une petite révision. »

Le stade du Lac du Maine sur lequel s’entraine normalement Amandine est toujours fermé. Il devrait rouvrir dans les jours à venir. Le déconfinement n’a donc pas changé grand-chose à la routine sport de la jeune femme. Elle se réjouit tout de même de retrouver ses partenaires d’entraînement et de mettre en place un projet de groupe. Amandine Brossier se tarde tout de même de retrouver la piste, bien qu’il n’y ait pas de championnats de prévu pour le moment. Elle qui n’a pas vraiment fait de courses qualitatives au début de saison, a besoin de retrouver ses repères.

https://www.instagram.com/p/CAvYnfKqnrU/?igshid=1wcvoxhud7mz4

Pendant cette crise, vous avez aussi suivi le mouvement de Cyril Dumoulin en mettant en vente aux enchères une de vos tenues de l’équipe de France, pouvez-vous nous expliquer votre démarche ?

Ça m’est venu tout logiquement, c’est une amie de l’équipe de France du relai 4×4, je suivais Cyril sur les réseaux. Pendant la période du COVID je restais chez moi et je ne savais pas trop comment participer à cette dynamique de solidarité. C’était ma manière à moi de pouvoir donner un petit peu, de tenter d’améliorer la situation. Apporter ma pierre à l’édifice même si ce n’est pas grand-chose !

Avec la dalle Angevine, on a apporté le petit déjeuner un matin à l’équipe de réanimation du CHU d’Angers, on a pas mal échangé. C’était super important d’aller à leur rencontre. C’est un combat qu’ils ont durement mené et ils étaient vraiment ravis de nous voir. Ils avaient plein de questions à nous poser sur la manière dont on avait vécu la situation. Alors que j’avais l’impression que c’était pour eux que c’était l’urgence !

Il y a des moments qu’Amandine a vraiment apprécié pendant la pandémie. Comme une grande partie des Français, elle nous explique avoir cuisiné. Même si rester chez elle est une habitude pour Amandine, qui vit de son sport, elle a pu profiter de cette période pour se recentrer sur elle-même. Elle a, par exemple, fait la connaissance de voisins, lorsqu’elle courait autour de chez elle. Elle a pu découvrir au cours de sorties, des coins de nature près desquels elle retournera sûrement.

« Ça permet de sortir de sa zone de confort même si en tant qu’athlètes on le fait déjà sans cesse. C’était une situation qui nous forçait d’autant plus à en sortir ».

Pour la suite de la saison, Amandine Brossier souhaite reprendre la compétition pour améliorer le plus rapidement son record personnel. C’est ce qui lui permettra de confirmer sa forme du moment. En ce qui concerne les championnats d’Europe et du Monde en salle de l’année prochaine, rien n’est sûr pour la jeune femme. Son gros objectif restera le même, les Jeux Olympiques. Amandine a le désir de montrer aux autres athlètes mais aussi aux dirigeants de l’équipe de France qu’il faut dorénavant compter sur elle.

Juliette Courcoul

Photo à la Une: Amandine Brossier, Crédit Photo: Amandine Brossier

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici